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Chroniques humaines

  • 20 septembre 2018

    La frontière entre les êtres vivants différents est souvent un élément latent de changement d’état .
    L’eau
    L’air
    La masse

    Pour les êtres semblables, rien d’autre que les flux sensibles.


    Pablo Robinson

  • Le poker menteur qui va détruire le monde

    Je me souviens d'une séance onusienne où un Collins Powell  secouait une petite fiole sous l'objectif des caméras, en guise de "preuve" de la présence d'armes de destruction massive en Irak, prélude à une guerre qui dure depuis 10 ans (plus longue déjà que la deuxième guerre mondiale !!! ), construite sur la base d'un mensonge (puisque toutes les missions onusiennes ont conclu leurs enquêtes sur le fait que ces armes n'existaient pas à l'époque !!! ) et génératrice quotidiennement de plus de morts (dont la plupart innocents) que les "exactions" du vilain Saddam Hussein...

    Des armes chimiques sont actuellement utilisées en Syrie (ne nous voilons pas la face, c'est - cette fois-ci - une réalité ). Elle le sont par quelqu'un, mais personne ne peut (ou ne veut) prouver par qui ... Cette interrogation sert les intérêts de tous ceux qui croient qu'une bonne guerre mondiale va effacer le méchant tableau rouge des dettes monstrueuses de l'occident (France comprise!! ), et remettre les pendules à l'heure en justifiant quelques millions de morts, qui seront - espèrent-ils - autant de chômeurs de moins ...

    Les "soutiens occidentaux" aux révolutions (guerres civiles en français) "arabes" ont montré qu'ils ont été facteurs de chaos, aucun pays concerné n'ayant amélioré ni son PIB, si sa sécurité, ni la paix intérieure en bénéficiant des aides militaires occidentales: Afghanistan, Pakistan, Irak, Egypte, Tunisie, Lybie, sans parler de ceux dont on ne parle jamais et dans lesquels la contestation anti-religieuse ou anti-laïque (c'est selon, mais c'est la même chose) est rapidement "soignée" à coup de flingues, enlèvements, meurtres et autres actions rapides et définitives...(je vous laisse deviner de quels pays il s'agit...)

    La moutarde (jeu de mot insipide pour aborder les armes chimiques du même nom) monte au nez des va-t-en-guerre, et nous pourrions nous retrouver sans l'avoir choisi (voté, par exemple) embarqués dans un bourbier merdeux et terriblement mortel, au prétexte que nos "grands" ont choisi la pire des solutions pour balancer nos poussières (dette, instabilité sociale grandissante, monnaie chancelante, croissance nulle, chômage etc... ) sous le tapis vert d'un "wargame" de salon... 

    Je rêve que je me trompe complètement, et que tout ça n'est qu'un cauchemar qui commence... 

    Mais mon petit doigt me dit ...

  • l'odeur de la guerre

    bombe tranchée.jpgLéon. Les civils, ils n'ont pas idée de ce que c'est, l'odeur de la guerre. Au début, sur le front, ça me faisait vomir tout le temps, je pouvais rien avaler. Et puis la faim s'y est collée, l'a bien fallu manger quand même, la soupe froide et les fayots mal cuits.

     La terre, quand elle se fait violer par les obus qui la pénêtrent en profondeur sur 2 ou 3 mètres et qui explosent au milieu des pauvres types qui s'envolent avec de la mitraille plantée dans leur corps, elle lâche cette odeur de tripes fraîches, la même qu'on sent quand on vide les lapins à la ferme.

    Plus tard, dans la brume, à la nuit ou à l'aurore, d'autres odeurs viennent braver nos narines. Celles des cadavres qui se décomposent, qui se mélangent à celle de la poudre refroidie.

    Cette saloperie te colle à la peau, elle se met dans ta chemise comme une mauvaise maladie, et elle te brûle comme un feu. Après quelques jours, tu n'y penses plus, et, comme chez nous, elle t'accompagne comme les morpions qui ne vont pas tarder à te bouffer...

    Seule consolation: les alboches en face, ils endurent autant que nous, mais sans pinard. Ben voui, mon Léon, le pinard c'est ce qui nous sauve, comme le tafia qu'on nous fait boire avant l'assaut, bien à jeun pour qu'on soit saouls plus vite, pour qu'on ne sente plus rien, ni odeur ni douleur, ni compassion, ni pour nous-mêmes ni pour les autres ...

    Courage, frère d'arme, t'oublieras jamais ce moment-là, mais tu seras consolé, si on s'en sort, par ta petite femme chérie ...

    (Robinson, tranchées de la Somme, avril 1915)

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=164223900404108&set=a.151043021722196.1073741826.151041275055704&type=1#!/leon1914