29.09.2009

Yom Kippour

DSCF0985.JPGle jour du "pardon" (Yom Kippour), on chante le Kol Nidrei (tous les souhaits). Mais peu de gens connaissent la traduction française de ce texte chanté avec tant de solennité. La voici :

" Tous les vœux que nous pourrions faire depuis ce jour de Kippour jusqu'à celui de l'année prochaine (qu'elle nous soit propice), toute interdiction ou sentence d'anathème que nous prononcerions contre nous-mêmes, toute privation ou renonciation que, par simple parole, par vœu ou par serment nous pourrions nous imposer, nous les rétractons d'avance; qu'ils soient tous déclarés non valides, annulés, dissous, nuls et non avenus ; qu'ils n'aient ni force ni valeur ; que nos vœux ne soient pas regardés comme vœux, ni nos serments comme serments"....

Tout ce que nous pourrions souhaiter de bien ou de mal pour nous-mêmes n'a pas de valeur de serment. Autrement dit, un croyant de la thora ne peut se renier, ni renier ce qu'il croit, ni renier ce qu'il est.

Est-ce pour cette raison que les juifs sont autant persécutés ? Faut-il comprendre que l'impossible reniement attesté par cet acte de foi (qu'est-ce d'autre, sinon cela ?) rend illusoire toute pression, toute persécution, toute obligation de renoncer à sa "religion" (entre guillemets, car pour de nombreux docteurs de la Loi, l'appartenance au judaïsme n'est pas l'appartenance à une religion, mais à un peuple) ?

Quid, alors de tous ceux qui avaient un nom hébraique et qui ont été convertis de force ? Quid, alors, de tous ceux qui ont été assassinés par les ultras de toutes nations ? De par l'énoncé de ce serment, fait le jour du Pardon, tout reniement futur est inutile et d'avance forfait...

Donc, et ce sera ma réponse à tous ceux qui disent aux "anussim" (les violés) ou aux "marranes" (les cochons, en espagnol), qui portent en eux un nom hébraïque qui leur a été transmis par leurs parents, dont les ancêtres ont été massacrés ou convertis de force, qu'ils ne "sont" pas juifs et qu'ils doivent se "convertir à la religion juive" pour redevenir juifs: le reniement étant impossible à cause du serment du jour du Pardon, tous ceux dont les ancêtres ont subi une obligation de renoncement à ce qu'ils étaient, et qui ont été, par la force, obligés de recevoir un baptème, ceux là sont déliés de ces obligations, parce que rien, ni aucun serment ne peut être tenu contre eux-mêmes, sinon d'accepter leur condition initiale, celle des gènes qui les ont créés, depuis le jour où un homme reçut un autre Serment, eternel celui-là, et pour lequel ses descendants ne peuvent plus se renier, eternellement.

Je suis de ceux-là. D'autres, qui portent mon nom, ont péri dans les chambres à gaz, ont été assassinés dans leur maison, dans leur ville, ont été spoliés de leurs biens. Ceux-là étaient ou n'étaient pas croyants. Ce n'est pas cela qui les a tué. Seulement leur nom, seulement leur manière de vivre. Seulement à cause du serment solennel de ne pas se renier, ni de se maudire, ni d'espérer être sauvés. Parce qu'ils portaient ce nom, que je porte aussi, et qui pèse depuis longtemps de ce poids dans ma conscience et dans mes actions.

Mon père, qui m'a donné mon nom, le savait, et il me l'a dit. C'est à lui que je pense aujourd'hui. A lui et à tous ceux qui portent mon nom et qui récitent ou chantent le Kol Nidrei en ouvrant le jeûne en ce jour de Yom Kippour.

06.09.2009

Des quais de gares

Tous ces gens qui se cotoient, ce fourmillement de consciences qui vont et viennent sur les quais des gares, rencontres muettes et instantanées entre ceux qui partent ailleurs, et ceux qui en reviennent. Ces sourires, ces pleurs, ces rages d'amours qui se finissent là, étirés par le rail étendu. Et les agents des gares, qui chargent sans le savoir dans leur coeur ces témoignages vivants, croyant sous leur casquette ne pas en être émus, et qui solidifient les émotions qui les traversent comme un ciment inaltérable.

Il faut voir tous ces regards, les capter à l'instant où ils se croisent avec les autres, capter le fugace d'un étonnement, l'étincelle de l'envie, le froncé de sourcils et puis l'instant d'après l'oubli de ces rencontres multiples et incertaines.

On se surprend des complicités des voyageurs, l'instant d'avant inconnus, l'instant d'après devisant comme de vieilles connaissances, captés les uns et les autres par cette brêve aventure commune et croyant que l'excitation du voyage les baigne dans une communauté nouvelle: le train.

Mais je me suis pris à ce jeu, prisonnier de la foule des accompagnants, agitant la main pour dire au revoir à l'être cher qui était maintenant enfermé dans la voiture, aussi muet que lui par le bruit de la gare et l'épaisseur de la vitre, pendant que le convoi prenait doucement son allure. Je me suis surpris à croiser son regard comme les autres en faisaient autant, certains avec des larmes silencieuses, d'autres avec des sanglots de tragédie. Un instant ses yeux ont croisés les miens, puis tout a disparu, et mouton dans un troupeau sans maître, j'ai suivi la marche du quai, croisant des yeux les nouveaux arrivants qui partiront dans un autre train, et qui revivront les mêmes scènes, indéfiniment, jusqu'à la nuit, avant que demain tout recommence...

Nous sommes ainsi faits, sans bien nous rendre compte de tout l'amour qui suinte au petit matin sur les quais des gares, aura volatile de tous ces sentiments échangés, partagés, qui ne laissent aucune trace, sauf, peut-être, dans l'humide d'un mouchoir oublié qui roule avec le vent que font les trains, lorsqu'ils disparaissent dans la brume du bout des quais ...

04.03.2009

vomir

On croit réver ! l'homme de l'ombre, celui qui tire les ficelles derrière le rideau du collectif se détache de son camouflage à la lumière de la réprobation légitime... Le fossoyeur "innocent" des entreprises martiniquaises estime que "la victoire viendra de la détermination des travailleurs et travailleuses de Guadeloupe et de Martinique. C'est notre principal et essentiel atout! " Quel atout ? 15000 chomeurs en plus ? 5000 commerces perdus ? 1500 professions libérales qui jetteront l'éponge et iront rejoindre "le français moyen dans sa chaumière". Demain, le peuple martiniquais sera encore plus pauvre, encore plus dépendant, encore plus consommateur, encore plus pleutre, parce que ceux qui ont pris le pouvoir de la rue ne sont pas ceux qui ont été élus, parce que ceux qui raptent les entreprises, les salariés, les outils de travail et l'espace martiniquais ne sont pas ceux qui les payent, mais ceux qui sont hors du jeu, fonctionnaires hypocrites, profiteurs privilégiés et escrocs d'un système dont la faiblesse du pouvoir leur donne l'apparence d'une pseudo liberté qu'ils n'assument même pas en prenant la responsabilité publique de "leur" quête. Ils ne signent même pas les accords qu'ils ont éxigés "au nom du peuple" !

Combien de Besancenot, de Pagot, de Joachin-arnaud, de Bové et consorts mettront la main dans leur portefeuille pour nourrir ceux qui n'auront plus d'emploi demain ? A U C U N ..... Comme aucun d'eux ne construit quoi que ce soit, ni entreprise, ni association, ni groupement d'artisans, ni groupement d'agriculteurs, tous porteur de travail, de production locale et d'indépendance économique et sociale. Ce sont des DESTRUCTEURS et l'efficacité de leur rôle politique n'a RIEN apporté au peuple martiniquais depuis 40 ans, sinon d'avoir renforcé l'emprise des puissants et la soumission des plus faibles, comme on ne peut en faire que le constat aujourd'hui...

Je croyais retrouver un parfum de fleurs de café au lendemain d'une nouvelle fraternité, je croyais que le collectif se serait attaqué aux VRAIS problèmes sociaux, je croyais qu'ils auraient séquestré les VRAIS responsables, le représentant de l'ETAT qui se comporte comme un gouverneur aux ordres d'une politique d'abandon, tout en suçant les taxes à tous les niveaux de la chaîne captive des marchés de consommation auxquels nous sommes condamnés, le patron de la CGM qui ment et se rend complice des vieilles pratiques coloniales de marché captif, les exportateurs de l'europe qui demain se frotteront les mains de la manne des 200 euros "gagnés par la lutte", soit 16 millions CHAQUE MOIS de consommation captive déguisée en "pouvoir d'achat", les importateurs qui augmenteront encore plus leur mainmise sur la distribution locale, les collectivités locales qui récupéreront bien vite les picaillons donnés en aumone....

Je sentirai demain l'odeur des vomissures débilées par les convulsions de rage d'un peuple une fois encore grugé par les bonimenteurs, une fois encore appâté par une fièvre de l'or, mais qui sera anéanti par toutes les conséquence de cette "grande victoire": perte d'allocations familiales, perte d'allocation logement, paiement de l'impot sur le revenu, perte des aides socales, mais aussi : augmentation des prix locaux, perte des emplois, disparition des services et des petits commerces ....

Il manque au tableau de chasse du collectif de ne pas avoir encore réussi à condamner les lâches travailleurs qui refusent de partager leurs primes de vie chère, leurs 25%, leurs 40%, avec ceux dont ils défendent la cause d'être des pauvres et des excommuniés de la grande messe de la consommation. S'il devait rester un espoir, serait-il celui-là ?

J'ai peur d'avoir encore envie de vomir .....

25.01.2009

tourne-t-elle vraiment ?

DSC02567.JPGJe voudrais garder une fenêtre ouverte sur le monde, une fenêtre propre, où je pourrais sentir de vrais parfums, voir de vraies images, entendre de vraies mélodies. Mais depuis quelques temps, je sens bien que ce qui me vient du monde ne sonne pas juste. Dans ma forêt tropicale, la fleur sauvage de l’orchidée qui ne pousse que dans ma forêt, qui est petite et chétive, cette fleur qui n’est rien d’autre que ce qu’elle est, cette fleur là ne ment pas. Je pourrais la disséquer sous l’objectif de mon microscope, lui faire passer tous les tests du monde, elle serait encore fleur, orchidée, tropicale.

Mais ailleurs, là où l’on fait passer une punition comme étant une défense, là où l’on fait passer la violence pour être un droit, là où les enfants sont soldats avant d’être enfants, là où tout est servi aux sens des autres comme un immense jeu de trompe-l’œil, là où rien en peut être accepté comme vrai, à un tel point que même ce qui est vrai devient douteux, il ne me reste que deux voies, dont je dirais qu’elles deviennent inutiles l’une comme l’autre, car mes lecteurs, comme tant d’autres, auront été dupés comme moi par les multiples facettes de ce jeu de miroirs mortels, à un tel point que même le secours du manichéisme le plus primaire ne les aiderait pas à y voir une vérité. Et par conséquent, tout ce que je pourrais apporter à leur compréhension pourrait être retenu non pas contre les faits, mais contre la perception que j’apporte de ces faits, et finalement me jetterait inexorablement dans un camp ou dans l’autre, étant entendu que les perceptions premières sont souvent acquises comme étant les plus justes, dans le sens de l’adéquation entre l’expérience acquise et les éléments perçus. Or, l’enquête, la recherche, l’expérience, l’étude nous enseignent justement que nous sommes abusés par nous-mêmes, et il devient alors difficile de concevoir une « vérité » en dehors de la recherche de ce qui constitue l’irréfutabilité de preuves.

La première voie consisterait, comme l’ont enseigné quelques sages, à fermer mes sens, ma logique, à faire taire mon intelligence, et finalement à tourner le dos à toute sollicitation qui voudrait que je cherche à comprendre -éventuellement à accepter- l’inacceptable, peut être pour ensuite excuser l’inexcusable. L’autruche. Le dos rond. L’indifférence.

La seconde voie consisterait au contraire à entrer dans cette danse macabre de la guerre, résultante abjecte des choix les plus radicaux, à soulever les cadavres empuantis de leur décomposition, à remonter le temps jusqu’à la racine de l’instant qui a produit ces conséquences monstrueuses. Une enquête. Une expertise. Une passion.

Alors, j’y suis allé de la seconde, avec la tentation de ne prendre parti pour rien, rien d’autre que rechercher les points saillants de l’Histoire, afin que, outre mes yeux, mes doigts puissent toucher ces pointes pour me guider en aveugle, si parfois il m’arrivait de perdre le fil de ce labyrinthe mortel, dans lequel la seule clarté qui vient éclairer les sens est celle de comprendre les liens qui se rapportent aux faits, aux actes, et aux idées qui les ont organisés.

Il serait assez simple d’en faire un schéma rapide, un mémo transcriptible en quelques feuillets, avec des termes clairs, étaler des récits simples, avec des mots précis. Mais si Cassandre n’était pas écoutée sur ses prophéties, qui sera écouté sur l’explication des causes du mal qui ravage ceux qui aujourd’hui ont fait vœu de violence ?

Non pas que j’ai tenté de me taire, ou de ne pas réconcilier les recherches que d’autres ont fait bien avant moi. Mais ceux qui étaient susceptibles d’entendre ne l’ont pas écouté, ceux qui étaient capables de le comprendre n’ont pas voulu l’admettre, et finalement, à part ma conviction et mes mots, il ne reste rien. Rien que ma forêt qui continue de pousser, avec ses lianes urticantes qui étouffent les arbres, ses orchidées si humbles qui profitent du soleil pour fleurir. Si. Cette phrase de Galilée à la fin de sa vie : « et pourtant elle tourne ».

07.07.2008

La tendresse

La tendresse, c'est un très vieux réflexe de "marquage", que nous possédons dans notre cerveau mammalien, qui n'a pas changé depuis quarante mille ans. Elle permettait, par le frottement des pelages porteurs de phéromones différentes, de créer une nouvelle odeur qui ne serait reconnaissable que par ceux qui l'ont créée .... et par ceux qui seraient créés avec !   Il en reste des traces: un nourrisson ne reconnaît sa mère qu'à l'odeur de ses phéromones, que l'on trouve dans sa sueur.... et dans son lait. Avec les milliers d'années qui ont forgé notre évolution sociale, ce réflexe est passé à un rapprochement entre les êtres où la recherche de douceur et de protection a pris le pas sur le marquage odoriférant. 

Aujourd'hui il semble que la tendresse soit réservée uniquement à ceux qui s'aiment "à deux". Ceux-là ont bien de la chance d'être sûrs de trouver chez leur partenaire le lieu physique où poser leur tête sur une épaule amie, de se sentir enveloppé (e) dans des bras accueillants et solidaires, même si ce n'est qu'un instant, pourvu que cet instant soit du pur bonheur, de l'extase consolateur aussi brillant qu'un soleil dans la nuit, qui n'exige rien, qui ne demande pas compensation. 

Et tant pis pour ceux qui aiment "à coeur ouvert". Leur tendresse devient suspecte, elle est "politiquement incorrecte", elle suscite des jalousies et des envies... Mais être tendre ce n'est pas forcément fonder un foyer ni tromper qui que ce soit... Etre tendre c'est oublier son adulterie (on dit bien enfance, alors ! ), et toutes les con-tingences (oui, je le fais exprès ! ) qui vont avec, pour retrouver la béatitude à l'autre, se retrouver consolateur (trice) sans pour autant en tirer un pouvoir, se sentir consolé (e) sans en déduire un devoir, être libre d'accepter que ce regard humide et désolé vienne se poser au creux de l'épaule et s'épanche en toute confiance, en toute sécurité, en toute sérénité, accepter de venir enfoncer son nez dans un cou tiède et  doux, et fermer les yeux, le temps de quelques respirations, le temps de baisser le rideau de la vie un petit moment, avec cette tendresse là, simple, fidèle, étale comme une marée basse, au sein de laquelle les batteries du coeur se rechargent à grande vitesse. 

Et pardon pour ceux qui voudraient en avoir un peu, de la tendresse, et qui ne reçoivent rien, ni le don de l'enfance, ni la simplicité du coeur, ni la chaleur des corps qui se touchent. D'un regard trop vite détourné, tellement le mal de l'autre est devenu édifiant, sensible, visible, il ne leur reste que la mendicité d'un échange, une prostitution du sourire contre une quelconque attention qui sonnera aussi faux que le reste. Et ceux-là mangeront alors  leurs barrières de contingence comme des affamés mangent ce qui leur sert à marcher sécures, ils écraseront les barrières de la société, dénigreront la charité publique, enverront paître le SAMU social, invectiveront les gens heureux en crise absolue d'une immense jalousie, d'une profonde rancoeur, qui les font vomir de rage dans les tréfonds de la ville, alors que les gens heureux font l'amour au creux de la nuit. 

La tendresse est une nourriture nécessaire à notre cerveau, à notre intelligence, à notre bien-être. Qu'elle soit vécue cachée dans l'intimité d'un couple ou étalée au grand jour sur un banc public, elle est aussi nécessaire que ce qui nourrit notre ventre ou que l'air qui fait battre notre sang. Mais nos sociétés imbéciles ont dénaturé cette nourriture, elle l'ont rendue socialement illicite, pour en faire un signe d'appartenance duale alors qu'elle est un ciment social et une garantie de liberté individuelle et collective. 

La tendresse est un aliment qui ne rend pas obèse, car on en donne ou on en reçoit JAMAIS assez. Je ne connais personne qui soit mort d'avoir donné ou reçu trop de tendresse. C'est une nourriture qui est produite instantanément, mais qui ne se conserve jamais.

Avoir besoin de tendresse ne doit pas être l'objet de honte. Pas plus que ceux et celles qui peuvent en donner, ceux et celles qui la reçoivent n'ont pas à s'en cacher. La tendresse est un acte commun dans les tribus primitives, trop souvent comparée par nos observateurs cartésiens à une lascivité sexuelle ou à un manque de fidélité. Le rapport peut évidemment être remarqué, mais il n'a en commun que des signes apparentés aux préliminaires amoureux, sans en avoir l'objectif ou la corollaire.

(À suivre)

(c) Pablo Robinson - 07/2008

27.06.2008

Mais que faire de larmes ?

larme 01.jpegD'aucuns grands spécialistes du métabolisme diront qu'elles rincent l'oeil. Elles pourraient aussi être la conséquence mécanique d'une pression exercée par un afflux sanguin bloqué au niveau des sinus par la syncope émotive générée elle même par une forte émotion "à couper le souffle" (syndrome du sanglot). Bon, d'accord, très drôle (enfin, presque ...), mais que contiennent-elles ? que deviennent-elles ?
 
Des chercheurs russes ont développé depuis une dizaine d'années des études assez prometteuses sur la "mémoire de l'eau".... un caillou lancé donc dans le grand jardin (très vide au demeurant) des adeptes de la médecine homéopathique, qui soutiennent qu'une molécule liquide de principe actif, dilué 10 000 fois contient encore des principes actifs, lesquels vont à coup sûr se manifester au sein de 50 litres (minimum) d'autres liquides, organiques, eux, et que cette dilution aura une "anti-activité" susceptible d'apporter une réponse "inverse" au principe actif qu'elle contient.... Je simplifie pour les profanes.
 
Mais une larme ne contient pas que du sodium à 0.09% et quelques résidus uriques. Si l'on part du principe de la mémoire de l'eau, et vu la faible distance entre une glande lacrymale et le cerveau, je finis par me demander si les larmes n'emportent pas avec elles tous ces miasmes intellectuels et affectifs qui ont été (en partie) la cause de leur émission, simplement du fait que notre cerveau est un émetteur d'ondes, et que celles-ci, à la faveur du sodium que contiennent les larmes, ne sont pas capturées par les ions qui naviguent dans ces océans d'eau, comparativement à la taille des atomes qui composent les fameux "principes actifs".
 
Bref, imaginons des larmes chargées de chagrin, de peur, de solitude, d'angoisse, de souffrances foetales, physiques, sentimentales affectives et sexuelles, de rancoeur et de rage, le tout enfin évacué par une bonne "crise de larmes".... c'est vrai, reconnaissons-le, pleurer ça fait du bien.
 
Donc, partant du principe du fameux Christian Hahnemann, inventeur de l'homéopathie, la consommation de larmes diluées devrait provoquer logiquement l'inverse du principe actif qu'elles contiennent; apporter la paix là où il y a la guerre, la joie là où il y a la peine, apaiser les souffrances, calmer les rages les plus tenaces, consoler les plus grandes peine, etc. ....
je n'irais pas à dire qu'une cure homéopathique ferait revenir le prince charmant, ou en faire arriver un autre plus valeureux (quoique...). Bref le principe est là.

Que tirer de cette leçon ?

-1- Que ceux qui pleurent ont en eux une source de richesse infinie . Il leur suffit de récupérer leurs larmes, de les diluer à 5 ou 7 ou 9 ch (voir à la rigueur un traité de fabrication homéopathique, c'est toujours instructif ! ), selon le principe du brave docteur cité plus haut, et de vendre l'elixir ainsi préparé sous forme de remède contre toutes les sources de larmes, dont une liste exhaustive est déjà citée plus haut. Même sans remboursement de la sécu, des ventes à 1 euro la mignonnette de 5 cl, soit, à raison de 0.035 ml par goutte utilisée,  1500 doses environ de bonheur réparateur, voilà qui est "donné" pour un tel service rendu !
 
-2- Que celles (plus nombreuses statistiquement que "ceux") qui pleurent comme des fontaines au point d'en remplir une baignoire, ont en elles une fortune à faire ! Quoi de plus réparateur qu'un bain homéopathique dans des larmes diluées 100 000 fois dans une eau pure ! Quel remède miraculeux et durable ! Laver une seule fois tout ce qui a été à la source de tant de peine !  Et du coté lucratif, pardon ! Pour une baignoire de larmes pures remplie, vous avez  un capital de 100 000 baignoires potentielles, à 350 euro le bain réparateur (une telle cure vaut bien un tel prix), vous voilà en un seul chagrin d'amour à la tête de 35 millions d'euros...  Et que dire si la pauvresse se fait un chagrin lucratif tous les ans....

Bon, je vais être gentil, je demande juste un gros bisou par litre de larme vendue, et 2% de commission pour chaque entreprise créée .....

Pablo Robinson - (c) 27/06/2008 - Mon idée n'est pas saugrenue, et la présente publication fait naturellement office de dépôt de découverte géniale, porteuse de droits internationaux. Mais rassure toi, cher lecteur, chère lectrice : cette idée est vieille comme le monde. D'ailleurs, un dicton dit bien: "ravale tes larmes, ça te donnera de la force ! ".... donc, on va dire ... heuuuu ... CQFD ?

Une pensée pour Salvia ...

10.06.2008

Migration Express

"abenvouala ! " dirait MH dans un cas semblable. "t'as fait la moitié du tour de a terre, participé à ta manière aux émissions de CO2, avec une consommation de 0.035 litres de kérosène au km (ben voui, chaque passager bouffe en un seul aller retour antilles-europe la coquette quantité de 490 litres de kéro) , évacué à toi tout seul  196 kg de CO2 dans la stratosphère, et tout ça pour faire quoi ?"

du "business", rencontrer des gens (comme si c'était pas possible de faire pareil avec internet !!! pffff), et vu des ami(e)s lorsqu'ils (elles) ont bien voulu se rendre visibles.... Je n'oublie pas la ballade sérénale dans les pins de la forêt de fontainebleau, le dîner si sympa à Barbizon, la route pluvieuse jusqu'à Dijon, une visite d'usine sur le bord de l'Yonne à Auxerre et un autre dîner au Dôme, mémorable aussi celui-là... et aussi une trainerie dans le Marais, avec une halte pensive devant la vitrine du palais des thés, quelques furetages dans les vieilles boutiques des ruelles qui s'évadent autour de la Bastille. Je n'oublierai pas la visite de la Rotonde du jardin des plantes avec son excellente exposition sur un archipel des Seychelles et le sourire radieux de Salvia..

le problème c'est que rien qu'en Martinique, on est 2000 à prendre un avion pour la France, chaque jour .... Alors, question écolos, on repassera.

Avec le pétrole qui s'envole, le dollar qui s'écroule, et le monde qui s'excite autour d'un ballon rond. MH a raison; le roller et les transports en commun. la nuit tombe sur la mer des caraïbes, et mes pensées sont restées encore dans les brumes de la Bourgogne et les pavés de paris.

(c) Pablo Robinson-06/2008

04.05.2008

Des nuits d’avion

1008015747.jpgje me repassais la scène. Celle où nous nous sommes embrassés. Celle où je te disais avec mes lèvres combien je t'aime, combien j'ai besoin de tendresse, Combien je souffre de ne pas pouvoir retenir ces moments-là plus longtemps, à part dans ma mémoire, comme des trésors cachés, que je ressortirais plus tard, lorsque la solitude serait trop lourde, lorsque l'appel de l'amour résonnerait dans le hallier, sans réponses, sans autre bruit que le vent faisant bruisser les feuilles aux sommets des futaies. Je ressens dans ces instants combien tes caresses me manquent, combien je voudrais en boire la fraîcheur, et à quels temps je voudrais les conjuguer avec toi, loin des choses du monde, loin des bruits et des interférences de ce qui peuple nos vies.

Je n'arrive pas à dormir sans sentir le frôlé de ton pied, sans recevoir le consentement de nos peaux qui se touchent avec l'envie de contredire ce que nos pensées égoïstes voudraient étouffer. Plus tard, dans la nuit bruyante des réacteurs, entre les ronflements de ma vieille voisine et les dialogues du film qui se déroulait en somnambule dans un faux demi sommeil, dans un faux demi rêve, je me prenais à répéter ces phrases, comme des poèmes récités à tes pieds. Je me prenais à croire que tu écouterais en caressant doucement mes cheveux, que plus tard, tu te serais allongée près de moi, silencieuse et complice, laissant à nos doigts de découvrir ce qui ferait la part des gestes tendres, des caresses, et ce qui provoquerait autre chose, une montée en amour, dans en faire une lutte, sans en faire une conjugaison récitée comme une table de multiplication. Et les douleurs de mon dos m'ont empêché de sombrer dans la suite d'un sommeil comme celui-là. Elles ont réveillé une analyse de pulsions, comme si le besoin de lâcher ce qui me fait souffrir (la dureté de tout, le manque de gentillesse à tous égards, l'absence de douceur de nos mots et de nos gestes, des miens en particulier) devenait presque une grossièreté, une envie insane, déplacée, douloureuse, comme s'il devenait impossible de passer une main légère sur ta tempe, d'effleurer le haut de tes joues avec un doigt sensible et chaud. C'est loin des rêves fous et sexués, des montées en cadences d'envies monstrueuses de disparaître dans un ultime orgasme calculé comme une page symphonique, joué avec l'orchestre de nos corps et lancé dans l'azur comme une apothéose insensée...


Au bout de ces songes terribles, la fin du voyage et mon dos qui s'est calmé enfin, et la douleur disparaissant comme une récompense, la béatitude d'être sans souffrance un instant de plus, le temps que la cabine s'éveille, que les gens s'ébrouent de leur propre torpeur, et que l'odeur du café vienne réveiller les sens et l'appétit. Les activités de la fin du vol m'ont volé mon envie de toi. Je me suis retrouvé à lire un bouquin, comme s'il était impossible de replonger dans mon songe, jusqu'à ce que l'avion se pose dans le petit jour et se range à sa place....


Le taxi  m'a presque posé dans ce train, et, n’aurait été l'achat du dernier numéro de Musica et l'écoute du CD avec Glenn Gould, je serais encore reparti dans mes pensées absurdes.....

Si je t'aime ? je ne sais rien faire d'autre, finalement, mais mal, avec trop d'impatience, avec trop d'exclusivité, avec trop d'envies que je n'ose jamais dire, que je ne veux pas assez conquérir, par peur de me perdre.

20.04.2008

Et si le Ciel s'en mêle

 Comprendrons-nous qu'en pleine saison sèche, le ciel se couvre de tant de pluie, en ce jour funeste qui fera demain de nous des orphelins, sauf à nos coeurs de s'ouvrir, à nos gorges de crier, de ce cri épouvantable qui doit nous libérer de nos peurs, nous réveiller de nos torpeurs, nous rendre à nous-mêmes, à notre nudité nouvelle, pour que nous habillions notre futur de liberté, d'amour et de sagesse, pour que nos pieds foulent les éteules des cannes en quête des autres hommes, tous confondus, lavés de toutes les fautes passées, neufs comme nous, prêts enfin à une rédemption durable pour de nouvelles moissons ?
 
(c) pablo robinson -04/08

19.04.2008

De l'ombre de Césaire

"pose  tes mains sur le bois verni de mon cercueil pendant qu'il est encore là, et tu sens de l'Esprit monter en toi cette émotion, cette charge, ce testament, bref ce rien qu'un instant qui bouleversera ton sommeil, qui te posera au futur les questionnements sur tes actes, sur leur conformité, sur le tracé de l'élan que ces hommes là, avant toi, auraient donné à ce monde"

(c) Pablo Robinson - "Chroniques humaines"

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