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amour

  • Voeux 2011

    hemistatère av (Small).jpgVous souhaiter une bonne année et une bonne santé pourrait passer pour une prévision.

     

    Mais dire à chacun de vous que parce que vous avez mis votre intelligence au service du futur, et parce que votre volonté s'y détermine à en obtenir le résultat que vous en attendez, et que par conséquent votre santé a tout pour être préservée, poussant alors vos affaires à devenir prospères au service de vos projets, c'est là une anticipation.

     

     

    la mienne,

    la vôtre.

     

    j'y ajoute tout ce qu'on ne dit jamais, les mots d'amour qu'on voudrait entendre,

    ceux qu'on voudrait dire,

    les consolations qu'on cherche lorsque tout est désolé,

    les regards où passent la force des liens qui unissent,

    une main agitée au-dessus de la foule,

    la jouissance lorsque s'en vient la réussite,

    le soleil,

    la paix.

     

    meilleurs vœux, donc. 

    Dominique BRUCH

     

    (c) D.BRUCH- voeux pour un amour - 01/2011

     

  • De race en haine, de haine en peine, de peine en rien, de rien en vide

    Plutôt qu'une réplique en supplique bien parisienne d'une Audrey rencontrée naguère , bien fière de sa réussite, à un pauvre type de la haute, endossé d'un habit de parfumeur, perdu dans ses strates embourgeoisées du 16 éme , 

    plutôt qu'un emprunt à Césaire, à la malice négrière jetée par la promptitude des mots, au lyrisme jubilatoire que donne au poète l'arme du dire,

    plutôt que les gaussements effarouchés de voix autrement silencieuses lorsque des massacres ordinaires éclaboussent nos journaux,

    plutôt que les silences licencieux de ceux qui préfèrent se taire,
    non pas par conviction, mais par peur de dire,

    je préfère mes hurlements de rue,
    mes colères publiques,
    mes rages enrougissantes,
    mes enrouements de voix
    ma force à clamer mon indignation.


    Non pas contre le racisme habituel que ce sot exprime dans son ignorance de l'autre,
    Non pas contre le blanc ou contre le noir, après tout, nous sommes différents de peau, différents d'histoire, différents de races parce que nous l'avons tous voulu ainsi,
    Non pas contre les appareils qui nous broient en faux mélanges absurdes, faisant de nos mixtures de peaux des sujets risibles victimes d'ironie et de camouflets,

    mais

    contre nos mensonges qui nous font croire identiques et nous ne le sommes pas.
    contre notre promptitude à chercher race là où n'est que culture
    contre notre facilité à passer de la race à la haine

    et de retour, après la haine, nos enveloppements de peine, subie en silence de la trahison de l'Homme.

    Et puis avec l'usure et le temps, comme bannis de nous-mêmes, rouler la peine en rien, courber l'échine vers le néant, et se voir aujourd'hui, face à l'injure renouvelée, vides,


    sans plus de voix pour hurler
    sans plus de poings pour cogner
    sans plus d'amour pour pardonner

    et de laisser dire, au poète interposé, que le nègre t'emmerde...

    alors qu'avec la même voix, la même force, elle pourrait pardonner, dire au sot sa sottise, et peut-être aller du vide au rien, du rien à la peine, et de reconstruire, peut-être, de la peine à l'amour.

  • Vérité de Foi ou mensonge d'amour ?

    il 070807 033.JPGOn peut se dire amis. Il suffit de croire qu'on aime quelqu'un assez pour espérer que c'est réciproque. Des fois ça ne l'est pas. Ou ça ne l'est plus. L'ami(e) sincère le dirait clairement, avec plus ou moins de douceur, de "tact", comme on dit sous certaines latitudes aux parquets boisés, avec franchise au moins. Mais la lâcheté qui nous fait humains pousse à trahir l'amitié par un silence, un oubli, un dos tourné, ou plus simplement encore en ne répondant pas aux sollicitations sincères de celui ou celle qui croit encore avec naïveté à cette amitié. Les douleurs affectives qui en résultent sont lourdes, longues, et elles ne diparaissent qu'avec des calendriers comptés, plusieurs calendriers si l'amitié était sincère, plusieurs calendriers si c'était un mensonge d'amour, une illusion de partage, une vraie préhension de l'affectif de celui (celle) qui y puisait une éspérance de bonheur. c'était un leurre. C'était un jeu.

    On peut se dire amours. Le jeu n'est plus un jeu. Le partage est profond, durable, chacun mettant dans la foi qu'il porte à l'amour de l'autre tout ce qu'il croit y puiser qui a une importance. Il (elle) en fait une oblation, il (elle) en donne une mesure d'offrande posée sur un autel à la prière de ce qui le (la) lie à l'autre. Un sacrifice. Ce mot là en fait toujours sursauter quelques uns ou quelques unes. Cela ne m'étonne pas : le sacrifice est une légende d'un autre temps, l'on ne retire rien de soi, ni le temps, ni les choses, ni les convictions, car l'amour n'a de valeur aujourd'hui qu'à condition de ne rien coûter. Enfin, c'est ce que j'entends de certains de mes contemporains, et de beaucoup de plus jeunes que moi.

    Mais c'est faux. La condition qui nous fait mériter l'amour de l'autre est celle de ce que l'on est capable d'y sacrifier, d'offrir, de compenser de ce que l'on est de soi-même et qui ne serait pas compatible avec ce que l'on aime chez l'autre. Les femmes savent mieux y voir que nous les hommes, à ce jeu. Il n'y a qu'à comptabiliser le bonheur que le commerce santo-valentinois suscite auprès de ceux qui y sacrifient quelques pécunes, une tablée de restaurant, un bijou, ou quelque autre chose qui "ferait plaisir" . J'ai lu sur un blog quelques relations de femmes aux offrandes reçues à ces occasions. Leurs confidences en font le plus souvent une misère aux efforts de leur amoureux, lorsque ce n'est pas une comptabilité en règle, du genre "il m'a offert une bague. Comme à noël. Il ne vaut que ça, son amour ?"

    L'amour se signe en actes de foi. Tout le monde ne sait pas y faire. J'ai un souvenir de fleurs cueillies à l'arrache dans un champ de fin d'été qui ont eu plus d'effet qu'un bouquet ordonné et dispendieux acheté sur un boulevard à l'occasion de cette "fête". Le temps que j'y avais consacré ? Le choix des fleurs des champs, parures minables mélées d'épis sauvages ? La misère de ma brassée à la porte ouverte ? Elle m'avait sauté au cou, ravie de ma collecte, plus heureuse que si je lui avais offert un diamant. Je suis resté marqué par cette simplicité, elle y avait vu la vérité de ma foi en elle. Mille ans plus tard, je doute du cadeau "à faire". Je préfère lui consacrer ce que je suis, poser dans le panier de ce qui fait notre amour la franchise de mes idées, le curage de nos casseroles, l'écoute de ses histoires, l'éffleuré de ses caresses, et si elle préfère trouver un contentement à dévorer une salade landaise dans le boui-boui d'à coté, alors je l'y emmenerai sans discuter, le jour qu'elle le voudra. Pas forcément le 14 février.