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confinement

  • confinement, jour 27

    confinement,code pénal,otages,israel,france,plaies(13/4/20).

    En Israël, j'accepte le confinement car la demande a été faite avec intelligence et le contrôle également. On trouve des masques pratiquement partout, on peut se faire tester si on a un doute. La police est compréhensive et intelligente:

    - elle ne sanctionne pas inutilement le couple qui s’aère quelques poignées de minutes,

    - elle respecte le statut difficile de ceux qui doivent se déplacer,

    - elle n'empêche pas les gens d'aller travailler lorsque cela est indispensable,

    - elle ne sanctionne pas le vieillard qui va faire ses courses à pied,

    - elle ne chasse pas le travailleur social qui livre à domicile...

    Et pourtant Israël est un pays qui est constamment menacé, et qui est toujours en état de guerre. Rien que pour cette dernière raison, la demande du premier ministre est acceptable, et elle est acceptée par la plus grande partie de notre population.

    En France, le confinement est devenu le fait du prince, une dictature policière molle où la force publique s'est aveuglée d'un bandeau sanglant et répressif, sans recours pour se protéger, sans intelligence de ceux qui doivent l'organiser.

    - Sanglant par les blessures faites depuis des mois aux personnes qui manifestent pacifiquement leur désaccord sur les décisions iniques et incompatibles avec le bien-être des personnes.

    - Répressif par les punitions financières et physiques faites à des personnes qui sont dans leur droit humain.

    Le confinement ne peut pas être une ordonnance ni un décret, car il est incompatible avec l'article 13 des droits de l'homme et du citoyen, y compris en période "de guerre"... Sauf que ni la France ni l'Europe n'ont fait de déclaration de guerre à qui que ce soit. Nulle agression sur le territoire, nulle armée en vue.

    Article 13 des droits de l'homme.
    - Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État.
    - Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

    Le confinement est un procédé "d'acceptation tacite" par la population, et pour cette raison, il ne devrait pas faire l'objet de sanctions punitives, ni financières, ni physiques, sauf lorsqu'il y a une réelle mise en danger de la vie d'autrui. Mais dans ce cas, la police doit prouver que la ou les personnes impliquées sont malades ou porteuse de contagion. Ce qu'elle n'a jamais fait, car elle ne dispose même pas des moyens nécessaires pour le faire: tests et équipements de protection !

    Lorsque le confinement n'est plus une "acceptation tacite" mais devient une contrainte dictatoriale soumise à des sanctions de police, cela devient une prise d'otage à domicile.

    La prise d'otage est réprimée par le code pénal : "Prise d'otage (224-4 du Code pénal) : 30 ans de réclusion criminelle mais la peine est de 10 ans si la personne a été relâchée volontairement dans les 7 jours, sans que la condition ou l'ordre n'ai été exécuté."

    Le fait du prince qui oblige la population au confinement sous répression de police ou de violence (physique ou financière sous forme d'amendes) n'a pas d'autre définition qu'une prise d'otage (personne retenue sous condition répressive)...
    Et obliger la population à devenir les otages du prince jusqu'au 11 mai dépasse largement les 7 jours...

    Au-delà ce cette colère qui me ronge (ce soir plus encore !), je m'interroge.

    J'ai l'impression de vivre au temps de Pharaon.

    Après avoir durci la corvée, et malgré les avertissements, il refuse de plier (d'écouter).
    Les premières plaies arrivent.
    Il reste sourd encore.
    D'autres plaies surgissent...
    Jusqu'au jour où l'Ange passe et agit, sauf chez ceux qui ont écouté la voix portée par le bègue Moïse...

    La France risque bien d'être en état de guerre pour la prochaine plaie, en guerre contre son peuple.

  • confinement, jour 21

    (mardi 7/4/20).

    Volets fermés. Ce matin, c'est jojo le boucher qui m'a réveillé. Je rêvais d'avoir encore 14 ans. C'était les vacances de Pâques. Mon père avait acheté quelques années auparavant un hameau en ruine dans un village perché et perdu aux confins de la Drôme, et nous avions pris l'habitude d'y passer nos vacances, toutes nos vacances, mes quatre frères, ma sœur, ma mère et moi, et parfois mon père, quand il pouvait en prendre.

    J'avais déjà pris le pli de voyager seul en train. A cette époque, un enfant de mon âge pouvait traverser la France, tout le monde s'en fichait. J'avais pris le soir un train de banlieue pour aller de Melun à la gare de Lyon, puis j'avais couru jusqu'aux grandes lignes avec le sac à dos de scout de mon père sur le dos, pour attraper de justesse le train de nuit qui allait terminer sa course fumante à Gap. Dans les secondes classes à l'heure des vacances scolaires, les compartiments étaient bondés, et nous faisions souvent le voyage dans le couloir, entre les valises, les cigarettes des fumeurs et les odeurs de la fumée du charbon envoyée par la locomotive...

    Je me réveillais par moment, ankylosé par les crampes à force d'avoir dormi à petite vitesse sur le sac à dos, lorsque le train commençait à faire l'omnibus entre Valence et Gap. Vers 6h, il faisait sa courte halte à Luc-en-Diois, juste le temps de sauter sur le quai vide, puis repartait en soufflant sa vapeur vers les montagnes. Il faisait froid et la nuit pesait encore sur le village silencieux. J'entendais crisser mes pas sur le gravier qui bordait la rue entre la gare et l'arrêt du car . L'air sentait le bois brûlé dans les cuisinières et les cheminées. Je m'asseyais sur la marche du marchand de journaux pour attendre le vieil autocar que conduisait le père Bouffier.

    Il arrivait par la route de Die, ouvrait la porte latérale avec le grand levier qui jouxtait son siège, prenait une botte de journaux qu'il posait devant la porte du magasin, puis me laissait monter dans son univers vide, encaissait en silence les quelques nouveaux francs du passage, puis fourgonnait dans ses manettes pour arracher l'engin au silence du village. Parfois un berger ou un paysan était endormi plus en arrière. Moi je restais devant pour voir la route défiler, regarder la montagne se réveiller en montant le col, admirer dans les lacets de la route les engradements de lumière sur les parois abruptes des cicatrices qu'avaient laissé les glaciers au flanc des à-pics. Le père Bouffier ne parlait jamais. D'ailleurs c'était écrit au-dessus du pare-brise de l'autobus: "défense de cracher - défense de parler au chauffeur".

    La halte du village d'Establet approchait, le jour avait pointé sur les sommets. Le car s'est arrêté en face de la poste du village, a déposé deux colis: le sac postal, maigre, et moi, presque aussi maigre que lui. Une fois le car parti, il régnait un silence de montagne et d'aube. j'hésitais à prendre le petit chemin qui allait vers la maison. Mes chaussures de citadin étaient vite trempées par la rosée, mais je m'en fichais : avec le jour, le parfum des violettes et des primevères envahissait l'air pur, saoulait ma fatigue de la nuit, me donnait l'impression d'entrer dans un autre univers, plein de sérénité et de béatitude.

    Tout le monde dormait. Depuis que nous venions ici, j'avais colonisé un vieux pigeonnier avec mon frère aîné, et nous y avions installé des lits picots que mon père avait déniché je ne sais où. Je m'étais déshabillé dans le froid du matin, et je m'étais glissé dans mon duvet pour m'endormir. Le soleil commençait à rosir le sommet d'en face ... La fatigue de la nuit faisait siffler mes oreilles dans le silence...

    J'ai mis du temps à me réveiller.
    Le martin pêcheur jojo a fini sa mélopée matinale.
    Ma chérie a appuyé sur un bouton, le volet s'est ouvert sur une grisaille matinale...
    ah oui ! c'est vrai. le confinement...

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  • Confinement: jour 16

    (2/4/20)

    Ma chérie a fini (enfin) par me le dire. "Tu me manques, j'ai besoin de toi !". Ce qu'il fallait. Comme de mettre la clé dans le démarreur. Alors j'ai cherché tous le prétextes pour quitter ma yourte et mon désert...
    - la liaison internet est pourrie, ç'est uniquement le partage de connexion de mon téléphone. Un brave instrument celui-là.
    - le chat sous la yourte en a marre de faire du yoga. La nuit, là, au moment où j'écris, il miaule en copain, trois ou quatre miaulements discrets, puis silence pendant cinq minutes, et il recommence. Je pense qu'il a froid, mais il ne veut pas me l'avouer, et encore moins venir se mettre au chaud.
    - le temps fait le yoyo, ça décourage des tortues et les caméléons, ils restent confinés (eux aussi) et ils ne se montrent pas, ça me déçois beaucoup, j'aime trop ces petites bêtes.
    - pas de télé. D'un coté, tant mieux, j'ai assez d'infos sur les réseaux sociaux: si les infos journalistiques sont du même tabac, je comprends que les gens qui restent devant leur télé toute la journée deviennent dingues.
    - la voisine, adorable, ramasse des chiens en croyant qu'elle les sauvent. Elle a récupéré une chienne bédouine probablement skizophrène qui doit avoir des cordes vocales en titane. Elle aboie tout le temps, sur n'importe quoi et n'importe qui (dont moi) pour n'importe quelle raison obscure. La nuit c'est pire, elle engueule la lune...
    - le sable. Il s'invite tout le temps dans tout ce que je fais. un malotru total : se met dans mes chaussures, se glisse sous la porte, fait la dune devant la yourte juste pour que j'utilise ma pelle, s'incruste avec son copain le vent dans le clavier de mon fidèle Lancelot III (c'est le nom de mon ordinateur portable, troisième du nom, le deux ayant perdu ses moyens faute de batterie de rechange, le un ayant été volé dans ma voiture par des envahisseurs à Jaffa juste devant la vieille mosquée), et, lorsque son compère le vent vient du sud et sa copine la pluie s'y colle aussi, ces trois là transforme et ma voiture et mes vitres en tenues de camouflage dégradée de tous les ocres jaunes de la région.
    - le parquet: ça fait une semaine que je bouche les fissures avec la patience d'un ange qui aurait perdu ses ailes dans un poulailler industriel: mes genoux de vieux n'en peuvent plus. Et c'est pas encore fini...
    - le froid qui me fait perdre l'envie de boire mon café: pendant que j'écris, le soir, la température tombe dans ma tasse chaude comme une épidémie: invisible, elle éteint la chaude sensation de tenir le mug, elle tiédit tout, puis me fait frémir quand je me lève pour aller dans mon lit froid et solitaire.

    Voilà assez d'arguments pour aller rejoindre la civilisation claquemurée derrière les peurs ancestrales des épidémies séculières. On se regarde, mes vieilles chaises et moi, celles qui ont fait le tour du monde depuis quarante ans, comme si l'on assistait à une veillée de bataille, ou à une veille de départ, en se disant qu'on ne s'oubliera pas, en jurant qu'on reviendra. Et je vous vois, tous, assis autour de moi, qui me dites "vas-y, vas-y..."

    Il est temps que je rentre, j'entends des voix...