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31.05.2007
Giono
Ce qui sauvait les petits fabricants comme le père de Giono, c’était finalement de pouvoir faire des produits de haute qualité pour des clients moins regardants sur le prix que sur la durabilité des machines qu’ils achetaient. C’est là que Giono voulait changer les choses. Faire des équipements haut de gamme, avec une qualité irréprochable et un service commercial digne des grandes marques. Il travaillait donc depuis des mois sur le nouveau catalogue, discutait des heures avec l’agence de communication qu’il avait engagé, et finalement avec aussi son père et l’équipe existante, peu encline à de tels changements, et inaccessibles aux risques que l’époque faisait peser sur leur avenir.
Dania avait compris depuis plusieurs mois que le projet de Giono lui prendrait encore des semaines et des mois de travail, et qu’il ne serait pas aussi disponible qu’elle le souhaitait, comme le souhaiterait d’ailleurs n’importe quelle femme. Giono était bien conscient de cette difficulté, mais il ne sentait pas que cela remettrait en cause l’amour qu’il avait pour Dania, ni la fidélité qu’il lui sacrifiait, même si cette vertu est rarement exprimée chez un homme. Il pensait à ce mot sacrifice, car les tentations pouvaient être nombreuses. Les filles étaient belles dans le monde dans lequel il évoluait, il était beau garçon, avait une situation enviable, même si elle n’était pas encore assise et définitive. Mais Dania n’était pas pour lui une obsession, ni une idée fixe. Ils se voyaient depuis 5 ans, ils avaient fidélisé leur amour avec le ciment de la régularité de leur rapports, même s’ils n’habitaient pas ensemble, même s’ils ne rentraient pas chaque soir dans la même maison, même s’ils ne dormaient pas dans le même lit. Giono sans tout à fait le dire avait placé sa carrière avant la création de son foyer, et chacun faisait semblant de croire que tout irait bien comme cela. Giono vivait comme tous les célibataires, en utilisant les besoins de la vie comme des moyens de fusion, en croyant que cet échange artificiel de relations affectives et sexuelles pouvaient suffire à créer des liens durables. Giono ne pensait même pas qu’il puisse être père et mari. Son obsession du moment était son entreprise, il pouvait à la rigueur imaginer que son enfant était stigmatisé par cette chose incorporelle que peut être la vision d’une entreprise, et la place de l’amour était inexistante dans un tel chantier de construction. Giono disait qu’il aimait Dania, mais la définition qu’il donnait à l’amour avait une allure trop matérielle et physique pour que Dania y prête l’attention que leur relation devait mériter. D’ailleurs, Giono n’aurait pas parié pour comptabiliser le temps qu’il consacrait en pensée à Dania, même si, lorsqu’ils étaient ensemble, il donnait l’impression de n’être là que pour elle. En fait, même quand ils étaient ensemble, lui, il était toujours dans son rêve de réussite sociale.
Giono roulait vite, comme à son habitude. Il venait d’acheter une grosse Berline de marque italienne, avec des sièges en cuir beige, un moteur puissant et un habitacle silencieux. Il entendait à peine les bruits de l’extérieur. Perdu dans ses pensées et harcelé par son mal de tête, il ne fit pas attention au vélo qui arrivait, et il donna un coup de volant pour l’éviter au dernier moment. La voiture dérapa sur le bitume mouillé et finit par glisser sur le bas coté, sans dommages. Le type sur le vélo alla s’affaler dans le champ à coté, se releva avec un juron, et, après avoir redressé le guidon, reprit son chemin comme si de rien n’était. Giono posa ses mains sur le volant, ferma les yeux pour se calmer, puis sortit de la voiture pour inspecter les dégâts. La voiture n’avait rien, elle avait juste glissé sur l’argile du bord de la route, et elle était enfoncée dans la terre du champ. Giono prenait son téléphone pour appeler son père quand une voiture de police passa et s’arrêta un peu plus loin. Un jeune policier sorti et vint lui demander ce qui se passait. Giono expliqua la situation, montra ses papiers. Le collègue du policier arriva à son tour, plus suspicieux. Il fit souffler Giono dans un sachet en plastique, puis contrôla le taux d’alcool, qui s’avéra négatif. Les policiers appelèrent une dépanneuse du village d’à coté, mais Giono dût attendre encore près d’une heure avant que sa voiture soit sortie du champ et qu’il puisse repartir. Pendant ce temps là il essaya d’appeler Dania sur son portable, qui restait muet. Giono ne s’en inquiétait pas plus que cela, il était plus de 10 heures, et le dimanche, Dania allait à la messe de son village avec ses parents. Sur les coups de 11 heures, il put enfin reprendre sa voiture, après avoir versé un solide pourboire au chauffeur et remercié les policiers. Il arriva au siège de la nouvelle usine, ouvrit la porte, et s’enferma dans son bureau, tout au fond, là où il y avait un peu de chauffage électrique, un ordinateur et des moyens de calcul. Il commanda une pizza au restaurant de Gonzaga, puis il se mit au travail.
Dans l’après midi, il reçu un appel sur son portable, venant de Marcello, qui lui demandait si Dania était avec lui. Il sentit de l’inquiétude dans la voix du frère de Dania. Il répondit qu’il était seul, et qu’il ne l’avait pas vu depuis 2 jours mais qu’ils s’étaient parlés hier soir. Giono avait de plus en plus mal à la tête. Il avait pris des comprimés de paracétamol, sans succès, sinon de lui avoir provoqué une suée qui avait trempé le maillot qu’il mettait sous sa chemise. Il avait eu l’impression de baigner dans son jus. Cela lui rappela d’une manière très fugace un souvenir très ancien où il avait mouillé sa culotte à l’école maternelle, sans le dire à personne, et qu’il était rentré à la maison en sentant son urine le brûler entre les jambes au contact du slip avec sa peau. Ce jour là, il sentait la même brûlure au niveau de sa ceinture. Le maillot devait être assez trempé pour l’irriter à cet endroit, pensa-t-il. Un peu plus tard, il fut pris de tremblements de froid. Il regarda le thermomètre posé sur son bureau. Il indiquait 23°, et Giono avait maillot (mouillé), chemise en laine, pull et écharpe autour du cou, et il avait froid. Il en conclut qu’il devait avoir de la fièvre, et il alla dans l’atelier, mit un jeton dans l’appareil de boissons destiné au personnel, et revint dans le bureau avec un thé fumant. Il devait absolument finir les textes sur les nouveaux catalogues, ajuster les dessins, vérifier les photos, pour que tout soit prêt pour lundi matin, de manière à ce qu’il aille directement à Parme voir l’agence de pub et traiter les commandes avant la fin de la journée. Le nouveau catalogue devait être fini avant la foire alimentaire de Parme, qui lui assurait les commandes pour presque le reste de l’année. L’après midi passa ainsi dans le silence. Giono aimait travailler comme ça, sans être dérangé par le téléphone ou par quelqu’un de la production. Il était têtu et ne décrocherait pas de son travail tant qu’il ne serait pas terminé. Mais le thé et les comprimés ne faisaient rien de bon. Vers cinq heures, il se senti mal, faillit tomber en se levant de son fauteuil, et se tint aux murs pour atteindre la porte. Il attendit un peu, retrouva un peu ses esprits, et tenta une nouvelle fois d’appeler Dania, sans succès. Il appela alors son père, chose qu’il détestait faire, pour l’informer qu’il n’allait vraiment pas bien. Son père, avec sa voix rocailleuse et basse lui proposa de venir le chercher, mais Giono refusa. Il promit de reprendre un peu de force, de boire un autre thé, puis de rentrer.
Une heure après, on vit la porte de la nouvelle usine s’ouvrir. Giono en sortit avec son cartable, pâle comme les pierres de la décoration. Il monta dans sa voiture et partit à petite vitesse.
Giono conduisait de plus en plus lentement. Il entra en ville, suivit l’itinéraire pour aller chez lui comme un robot, appuya sur le bouton de la télécommande du portail, entra la voiture. Il habitait seul dans une petite villa bâtie au milieu d’un jardin d’ornement. Dania n’avait pas voulu qu’il arrache les arbres fruitiers qui étaient là lorsqu’il avait acheté ce terrain, mais personne n’avait ramassé les fruits et le parfum des pommes tombées donnait un goût acidulé à l’air. Il entra, posa le cartable et s’affala dans le canapé. Le jour était tombé, il faisait sombre dans la pièce. Giono s’endormit presque tout de suite.
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21.05.2007
-2- Dania (3)
Elle pensa furtivement à cette phrase "je ne veux pas te perdre" .... Elle ouvrit les yeux. la musique avait changé, le CD était passé au concerto "il sospetto", l'ambiance n'était plus la même, Jerry avait repris une allure de peluche posée sur un lit, le jour était tombé, et Dania entendait des bruits de cuisine. Ses parents étaient rentrés sans qu’elle les entende, et eux n’avaient pas osé la déranger dans sa rêverie. Il était temps d'aller dîner. Giono allait venir la chercher tout à l'heure pour l'emmener au cinéma. Elle ne savait même pas ce qu'ils allaient voir. Elle ne savait même plus si elle aimait Giono. Elle posa Jerry sur le lit, essuya ses joues, se regarda dans la glace de la coiffeuse, prit son visage dans ses mains comme pour une prière, puis décida d'aller manger.Le dîner fut morose. Dania se sentait abandonnée, mais elle ne voulait pas le montrer. Juste comme elle allait rejoindre la salle à manger, le téléphone sonna. C’était Giono qui annonçait qu’il ne viendrait pas, car il avait une crise de migraine et se sentait trop fatigué. Elle se doutait un peu du message, mais elle avait espéré encore sortir avec lui. Elle gardait tout cela dans son cœur, mais son père comprit et lui demanda si elle voulait rester avec eux pour la soirée. Dania prétendit que des amies l’attendaient à la salle des fêtes de Guastalla, et qu’elle s’était engagée à les rejoindre, avec ou sans Giono. Sa mère ne dit rien, mais elle n’en croyait pas un mot. Elle savait le désarroi qu’une jeune femme de l’âge de sa fille pouvait ressentir à rester « vieille fille » chez ses parents : elle ne dit rien, donc et ils la laissèrent partir au bal avec son vélo. Après s’être changée, elle mit sa veste blanche et sa grande écharpe jaune, récupéra son vélo dans la remise et partit pour le bourg. Les rues du quartier étaient éclairées, mais elle devait faire attention à traverser la voie de chemin de fer sans protections, puis à grimper la petite côte pour atteindre la route de Guastalla. Comme la plupart des routes de la plaine du Pô, celle-là était aussi juchée sur une des nombreuses digues qui surmontait la plaine, afin d’éviter le blocage des communications en cas de crue. Dania prit la route et arriva rapidement à l’entrée du village par la Via Gonzaga. Elle s’arrêta au bar Ambrosia, regardant par la vitrine si elle rencontrerait quelqu’un de sa connaissance, mais le café était presque vide. Elle reprit son vélo et descendit jusqu’au café Mazzini, tout près de l’église. Elle y rencontra Alexandre, un copain de classe qu’elle n’avait pas vu depuis des années. Il lui offrit de prendre un café. Ils discutèrent un bout de temps, le temps qu’il soit l’heure d’aller à la salle des fêtes où se déroulerait le bal du samedi soir. Alexandre n’aimait pas et ne savait pas danser. Il déclina donc l’invitation de Dania, et elle partit en reprenant la Via Gonzaga jusqu’à la salle de bal. Sur la place, les groupes de jeunes se formaient, puis entraient après avoir payé leur ticket, sous la garde d’un vieux bonhomme dont la femme sans âge vendait les billets derrière la vitre sale de sa caisse. Dania rangea son vélo, puis déroula son écharpe et entra à son tour, seule. La salle de bal était bruyante, on y sentait le tabac et la sueur ….
Elle l'avait vu depuis son entrée. Les lustres désuets diffusaient une lumière blafarde et rose, qui donnait aux visages des reflets tristes. Dania s'était assise, comme la plupart des autres filles, sur une des chaises alignées sur le coté de la salle. Le parquet, usé par des générations de danseurs, luisait doucement dans cette fausse pénombre, et les garçons passaient lentement devant les filles, comme des maquignons à l'aune d'un marché, pour choisir leur cavalière, pour la prochaine danse, ou pour la soirée, et pourquoi pas pour la nuit, et si le miracle pouvait s'accomplir, pour une partie de leur vie à chacun d'eux.
Dania les regardait par en dessous, sentant à leur passage l'odeur de leur sueur de travailleur ou le parfum trop fort de l'eau de Cologne que ces jeunes célibataires aspergeaient sur leur corps avant de venir. Elle regardait d'abord leurs chaussures, pour y déceler un minimum de propreté, une brillance du cuir ou le poli du cirage bon marché qui pourrait lui montrer qu'ils avaient fait un effort de plus pour venir danser. Ensuite, elle remontait son regard vers cet endroit du pantalon où les filles font semblant de ne pas regarder, mais où elles placent de secrets espoirs, diffus par la forme ou cachés par la honte, mais rendus ardents par des désirs inassouvis. Rien de particulier ne lui venait à l'esprit quant à cet endroit là, elle ne portait pas de jugement sur la sexualité de ce point de vue là au moins. Ensuite, elle cherchait les yeux de ces partenaires indécis, leur manière de la toiser, d'éplucher de son corps des avantages à leur mesure, de fouiller avec leur regard dans son corsage pour y trouver la naissance de ses seins, comme si les renflements naissants de sa gorge pouvaient donner la mesure de sa capacité à être tendre, à embrasser, à chérir et à trembler pour un homme qu'elle aimerait. Elle cherchait leurs yeux, leur manière de planter les leurs dans les siens, leur regard fuyant sur le coté si elle les fixait, comme si la franchise de cet échange avait quelque chose d'indécent. Elle regardait aussi leurs mains, souvent cachées dans les poches des pantalons. A ceux-là elle ne répondrait même pas, considérant que ce sont les mains de ces hommes qui leur apprendraient d'abord ce qu'elle est, ses formes, ses rondeurs. Elle n'avait pas d'illusions sur la gentillesse de ces garçons, elle n'était là que pour chercher autre chose que la monotonie du travail ou de la famille, pour fuir quelques heures les contraintes d'une vie sociale rangée mais indécise, partagée entre le temps de travail et les devoirs ménagers, avec quelques exceptions pour Giono, quand il était libre, ce qui l’empêchait de croire qu’ils pourraient construire un futur diffus et incertain, tant ils étaient séparés par l'espace et le temps, tant elle attendait de lui des gestes et des rêves presque impossibles.
L'orchestre avait fini les musiques de prélude, ces musiques indansables, faites de morceaux inconsistants que les gens écoutaient comme s'ils étaient dans un supermarché. Les garçons n'en finissaient pas de passer devant elle, et elle ne se sentait attirée par aucun d'eux. Un moment plus tard, la musique lente d'un début de tango commença. L’ultime garçon arrivait, celui qu'elle avait vu de loin, le regard sombre, mais il donnait l'impression d'être beau ou propre, avec un costume clair que la lumière irisait. Il avait des chaussures en toile neuve, il la regarda en souriant, dans les yeux, sans perdre son assurance, comme elle aimait qu'on la regarde. Il ne baissa pas son regard vers son décolleté, et cela lui plût. Sans bien comprendre, elle se leva et ils se tendirent la main pour aller danser, sans un mot. Il la prit dans ses bras et ils commencèrent à danser doucement. La musique était faite de notes harmonieuses, douces, d’attente initiale, et elles devenaient sensuelles, résolues, satisfaisantes.
Elle ferma les yeux et se laissa emporter dans les passes de la danse. Elle sentait son parfum, qui n'était fait ni de sueur ni d'eau de Cologne, elle sentait ses mains dans les siennes, et elles n'étaient ni calleuses ni oppressantes. Elle le garderait pour toutes les danses de cette soirée là. Au moins.
"Au moins quoi?" le garçon lui avait murmuré les mots en la retournant dans un paso doble, ce qu'elle avait apprécié, car le geste avait été doux et la courbure du corps que lui imposait la figure ne lui avait pas fait de mal, si bien qu'elle était devenue souple dans les bras du garçon tout en gardant sa maîtrise d'équilibre. Elle se demanda comment il avait pu deviner ce qu'elle pensait. Il dansait maintenant plus vite, suivant l'amplitude de la musique, mais il ne la quittait pas des yeux. Et ses yeux lui posaient encore la question: "Au moins quoi ?". Elle lui répondait dans un souffle "au moins pour toutes les danses de ce soir, s'il vous plaît." Alors il avait souri, d'un sourire de maître, en conquérant, et elle, elle avait pris ce sourire pour un acquiescement secret à plus loin que les danses...
Les musiciens étaient partis boire de la bière, et les couples formés par les danses s'égayaient autour de la vieille bâtisse, au gré des bancs sous l'ombre de la lune. On sentait venir des champs l'odeur de la terre qui buvait la rosée, les effluves des vasières du fleuve, les fumets de pizzas des gargotes de la ville. Ils s'étaient éloignés un peu, bras dessus, bras dessous, sans parler, en se regardant avec des sourires, sans s'éloigner de la salle de bal, en attendant la fin de l'entr'acte. Les garçons de la campagne roulaient de vieux mégots en mouillant trop leur papier à cigarette, ceux de la ville offraient des cigarettes américaines à leur partenaire d'un soir, qui se cachaient derrière les platanes pour faire semblant de fumer, et faire croire qu'elles seraient à la hauteur des espérances partagées.
Dania et son danseur, dont elle ne savait rien, avaient, eux aussi fui la salle maintenant enfumée, et s'étaient assis à une table de restaurant fermé. Elle avait pris les mains de son cavalier sur la table en fer, et elle lui souriait sans rien dire. "je m'appelle Malko, je viens d'arriver dans la région, et j'habite à Pomponesco". Elle continua à sourire. Elle n'aimait pas ce village bizarre de Pomponesco. Il ressemblait à une ville fausse, comme fabriquée de toute pièces, avec des rues à angles droits, son cours trop plein de soleil, et ses cités industrielles, sans doutes créées après la guerre.. Mais ça ne faisait rien. Son visage était doux, il penchait un peu la tête pour la regarder, et elle aimait ça. "Moi je travaille à Luzzarra, mais je vis ici, avec mes parents". Après un nouveau silence, elle murmura:"je m'appelle Dania. je m'ennuyais. Je suis venue voir le bal. J'aime la musique argentine." et lui, il la regarda plus profondément encore: " mon père est venu habiter là, car il a hérité de la maison de mon oncle. Il est à la retraite à présent, et moi, ça ne me fait rien de venir ici, je travaille avec une société de Rome, je fabrique des programmes informatiques, et je peux travailler à la maison". La musique reprenait. Elle se leva:"on y retourne ?". Il lui fit signe de la tête, et ils revinrent dans la foule pour de nouvelles étreintes, plus intimes, plus claires aussi. Elle sentait les cuisses du garçon se serrer contre les siennes, son torse s'appuyer contre ses seins, mais cela ne lui faisait rien de particulier, juste un peu de plaisir, comme un jeu subtil, où l'un et l'autre s'apprenaient, se jaugeaient, avec une fausse innocence, une fausse ignorance, mais un début de désir qui ne voulaient pas encore dire son nom...
Lorsque la soirée prit fin, les couples se défirent sous les yeux des anciens. Les jeunes savaient bien que ces vieux-là n'étaient là que pour les épier et raconter plus tard le menu de la soirée, en n’oubliant pas de donner des noms précis, histoire de mettre un peu plus de confusion dans les familles des villages. Les filles quittaient les garçons avec des yeux embués de larmes, et les garçons repartaient en fumant, les mains dans les poches, par groupes, en parlant fort. Leurs voix résonnaient contre les murs des maisons hautes, et faisaient aboyer les chiens derrière les portes. La place était presque vide lorsque Dania et Malko sortirent. Il s'apprêta à la quitter en lui tendant la main, mais elle l'enlaça et elle l'embrassa longuement. Puis elle baissa la tête, et lui dit en regardant ses pieds: "va-t-en, maintenant, j'ai des marques de toi partout sur moi pour que tu restes sans être là. Je garde cette soirée dans mon livre de vie comme un rêve, et je voudrais l'oublier, mais ce sera difficile, alors pars maintenant, avant que naisse de nous une aventure qui pourrait nous faire du mal. Les gens d'ici sont cruels. Ils nous regardent. Ils vont dire des choses. Tout le monde ici le sait." Plus tard, elle se dira qu'elle ne l'avait peut-être pas dit, qu'elle l'avait pensé très fort seulement. Peut être elle ne l'avait même pas embrassé, d'ailleurs. Mais ça ne faisait rien, son corps, lui, ressentait le contraire.
Il fit un geste pour remonter une mèche de ses cheveux. Il recula d'un pas, et, d'aussi loin, il lui murmura que la soirée avait été très belle, qu'il avait bien aimé danser avec elle, et qu'il la reverrait peut être, qu'elle ne se fasse pas de soucis, il était patient et n'était pas un garçon d'aventures. Elle le vit partir comme un fantôme pale dans la pénombre de la place, et la lune par moment le faisait réapparaître, plus loin, plus petit, jusqu'à ce que la rue l'avale pour toujours. Dania récupéra son vélo qu'elle avait rangé sur le coté de la salle des fêtes, débloqua la dynamo, et prit la route du nord pour rentrer chez elle. La nuit était devenue froide, les odeurs avaient changé, elle sentait les passages des fumées de charbon qui descendaient des cheminées, puis, au sortir du bourg, l'air plus pur de la campagne. La lumière du vélo faisait semblant d'éclairer la route qu'elle connaissait par coeur, la dynamo chuintait contre la roue, la rassurant un peu du vide de la nuit, et le vent lui glaçait les joues. Elle ne savait pas si c'était bien le vent ou si c'étaient les larmes, et elle ne savait pas si les larmes venaient du vent qui lui piquait les yeux, ou si c'était le regret d'un amour perdu ou d’un autre à peine commencé. Elle cherchait dans le noir de la nuit la négation de son bonheur perdu, celui de son bonheur nouveau et naissant, tout en espérant très fort qu'il dure, qu'il grandisse, qu'il éclate. Elle prévoyait déjà l'arrivée à la maison, descendre du vélo avant de passer la barrière, bloquer la dynamo, caresser le chien pour qu'il n'aboie pas, puis ranger le vélo sous la soupente avant de rentrer sur la pointe des pieds...
On avait vu le vélo avec sa lumière blanche devant et la lumière rouge derrière, et l'écharpe jaune de Dania que tout le monde connaissait, et tout ça était passé sur la route surélevée, jusqu’au carrefour de Tagliata. Le chien n'avait pas aboyé.
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13.05.2007
-2- Dania (2)
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11.05.2007
-2- Dania (1)
Curieusement, les églises ne sont pas au centre de l'histoire de la ville, mais reléguées presque au sud et à l'est, comme si les affaires divines n'avaient pas la prime dans cette bourgade ancestrale. On aurait pu croire que la via Gonzaga, qui avait longtemps fait concurrence avec la via Garibaldi, tenait par ses bâtiments publics la préférence de sa population fière et parfois ténébreuse sur les jardins de la via Trento ou de la piazza Garibaldi. Mais, à l'habitude, les moeurs lentement évoluées des paysans devenus citadins démontrèrent que cela n'avait pas d'importance. Les cours intérieures étaient toujours aussi bruyantes, les odeurs de cuisine aussi puissantes, et chaque villa, chaque cour, se comportait au milieu de la ville comme un château féodal et fortifié, où l'étranger à la courée était traité en animal ou en prince...
Et les puits cachés sous les auvents donnaient à chacune de ces citadelles des allures de défis où les fièvres de marais étaient muselées et les guerres inexistantes. Pourtant, à Guastalla comme dans toute la région, les multiples forces de tous les pays d'Europe étaient venues faire le sac, ou occuper la ville pour en demander rançon, ou encore y faire la traite à la chair à canon, depuis des siècles et des siècles, si bien que l'air farouche des habitants d'aujourd'hui reflète encore des terreurs de femmes cachées, des regard ébahis d'enfants enlevés, et la colère des hommes emportés en capture. Les ancêtres de Dania, d'obscurs barons dilués depuis des siècles dans la population de la plaine, avaient autrefois une grande villa à l'écart du fleuve trop capricieux, agrémentée de grandes terres de bon rapport, où il faisait bon cultiver le blé et le seigle. Puis, avec l'épuisement des obligations testamentaires, les partages morcelant les terres, il n'était resté à ses grands parents qu'une petite maison accrochée par un chemin au village de Tagliata. Son père était né là, et elle aussi. Le village s'était construit au fil du temps autour d'une chapelle dont on disait qu'elle était miraculeuse, que l'eau qu'on y buvait guérissait des fièvres des marais, et forcément, comme les miracles attirent les foules, quelques paysans malins y avaient contruit des granges qui servaient plus à héberger les pélerins qu'à stocker de la paille...
Dania avait enlevé ses chaussures, qui, décidément, lui faisaient trop mal. Elle avait posé son sac sur son lit, jeté, presque, tellement elle était fatiguée. En regardant par la fenêtre, elle voyait encore quelques phares illuminer la longue plaine, et passer le carrefour qui allait à Guastalla, en faisant le double virage. La lumière des phares des voitures, à cet endroit précis, ressemblait à l'éclairage d'un phare d'une côte maritime infinie, n'auraient été les quelques bâtisses, récentes pour la plupart, qui donnaient à la monotonie plate des reliefs d'accidents, comme si les hommes s'arrangeaient toujours pour chiffonner le paysage. Un promoteur n'avait-il pas trouvé mieux que de planter un immeuble au milieu des fermes centenaires, occupées maintenant par les maraîchers de la ville ?
Elle regarda encore par la fenêtre les derniers rayons du jour se briser sur les arbres lointains de la plaine, là-bas vaguement vers l'ouest. Elle y voyait maintenant les feux rouges des voitures disparaître dans la brume naissante, sur la route de Correggioverde. Elle se disait que peut-être demain, elle se lèverait à l'aube et elle irait faire en vélo cette promenade promise. Elle passerait par les chemins de ferme pour ne pas suivre le bord de la route et éviter le vent des autos, elle roulerait dans la terre sombre de la Grande Plaine, elle longerait l'étang de retenue près de la ferme, puis prendrait les chemins de traverse pour rejoindre le bord du fleuve. Là, elle traverserait le pont droit et raide qui passe le Pô. Après le pont, elle quitterait la route et descendrait le talus pour rejoindre le chemin de halage, et elle partirait comme ça, tout droit vers le fleuve, en suivant les ombres des grands arbres...
Au soleil de midi, elle reviendrait en passant par Dosolo, en traversant le village pour sentir les parfums de fruits dans les coopératives, ou pour écouter les cris des hérons qui chassent dans les marais.... Dania pensait à tout cela, machinalement, en regardant la nuit pousser plus loin ses soucis du jour.
Elle se croyait lancée dans une torpeur digne de l'autre coté du monde, abasourdie par le rêve qu'elle venait de faire. Elle marchait sur une plage tropicale, aveuglée de soleil, les pieds doucement crissés par le sable presque blanc. Sa vision n'était pas nette, mais elle distinguait au loin des fanes de cocotiers tomber dans les cristaux du soleil qui se réfléchissait dans la mer, et en dessous une ombre qui marchait vers elle. Janis Joplin hurlait son Move Over dans sa tête, accompagnée par les guitares folles. "You know I need a man" tonnait dans ses tympans, et les reprises musicales lui hérissaient les cheveux. Le ciel était trop bleu, la plage trop blanche, tout brûlait tout à coup autour d'elle, le monde se mettait à tourner avec les spasmes de la musique Rock des années 70, puis tout à coup son corps se mettait à ruisseler de la pluie survenue derrière elle, elle sentait les gouttes tièdes caresser son dos, ses cuisses, ses cheveux retombaient sur son nez, mais la silhouette avançait toujours vers elle, aveuglée par le soleil dont le nuage passant n'avait pas encore battu les rayons. Elle distinguait le corps d'un homme, plutôt grand, plutôt élancé, mais elle ne voyait toujours pas son visage. Elle marchait péniblement dans le sable mou, ses jambes ne voulaient pas la suivre, elle avait l'impression de tendre les bras vers l'impossible, et l'autre qui ne semblait jamais venir ...
17:55 Publié dans tangoliberas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.05.2007
-1- Barri
Barri s'était posé la question. Longtemps. Il connaissait Dania depuis 5 ans maintenant, mais il avait l'impression qu'elle faisait partie de sa vie. Au début, il lui envoyait des messages gentils, des boutades, des petits mots pour lui remonter le moral. Barri sentait bien que Dania n'était pas toujours au mieux de sa forme, qu'elle avait de temps en temps des crises de moral, qui viraient presque à la dépression. Aussi, lorsqu'il sentait cette perte de tonus, il lui envoyait des lettres plus sérieuses, des conseils, comme s'il s'était agi de sa propre fille, ou de sa soeur, ou d'une amie d'enfance. Puis avec le temps, ces messages étaient devenus des partages plus profonds, des actes de complicité où l'un et l'autre partageaient leur intimité, leurs peines, leurs envies. Barri était persuadé d'aimer Dania comme il n'avait jamais aimé quelqu'un, et il était convaincu que Dania partageait ces sentiments. La relation épistolaire qui s'était installée entre eux était devenue une véritable addiction. Ni l'un ni l'autre ne pouvait supporter plus de 24 heures sans lire un mail ou recevoir une photo de l'autre. Barri avait tenté de s'en défendre, il avait essayé de ne plus écrire à Dania, d'effacer systématiquement les messages reçus sur son ordinateur ou sur son portable. Mais il sentait bien que sans les réponses que Dania attendait, elle perdait pied, elle s'étiolait comme une fleur coupée et laissée sans eau. Quant à lui, il ne cessait de penser à elle, cela le minait, il avait l'impression de trahir une promesse. Alors il envoyait un mail de reconnaissance, avec un mensonge pour dire qu'il était parti dans un coin du monde où il ne pouvait pas communiquer. Dania faisait semblant d'y croire, elle lui pardonnait d'avance ce mensonge là, car elle savait qu'il ne serait jamais parti loin d'elle, elle voulait dire sans la possibilité de la joindre d'une manière ou d'une autre, sans l'avertir avant. Dania pensait même que lorsque cela était le cas, Barri lui préparait des textes longs, qu'elle prendrait plaisir à traduire lentement, comme on suce un bonbon au goût merveilleux. Ces deux-là avaient entre eux une complicité que personne d'autre au monde n'aurait pu partager. Il n'y avait rien de dramatique dans cette relation du bout du monde, rien de douloureux. Barri pensait que c'était juste de l'amour, un amour comme il n'aurait su le définir, lui, si intelligent, si sensuel. Et lorsqu'il partait en Europe, et qu'il avait l'occasion de rencontrer Dania entre deux avions, il échafaudait des plans de retrouvailles, il s'imaginait l'attendre à la sortie de l'aéroport, ou encore il rêvait que c'était elle qui l'attendrait, habillée avec un tailleur couleur bois de rose, avec une jupe courte, avec des hauts talons, et ses cheveux rangés en queue de cheval, avec des lunettes noires qui l'aurait fait ressembler à Jackie Kennedy. Barri ne doutait pas que Dania ait des rêves identiques, Elle lui en racontait toujours un petit bout, avec, pensait-il, l'intention de le provoquer gentiment, de le faire rêver encore plus. Mais si l'un et l'autre pensaient à ces moments où ils se retrouveraient, Barri s'arrêtait aux sensations de la tenir dans ses bras, de l'emmener visiter les villes du monde qu'il connaissait, de rire avec elle, de la regarder à la dérobée, comme cela arrivait lorsqu'ils branchaient leur caméra sur le net, de partager un repas dans un petit restaurant presque vide, au bord de la mer, en lui baisant la main, et, de temps en temps, en l'embrassant avec douceur pour sentir le rose de sa joue contre ses lèvres, le parfum de son corps remonter par le col de son chemisier. Il n'osait pas plus dans son imaginaire, laissant à Dania la liberté de choisir si un jour leur relation serait celle d'amis, ou d'amants, de complices de jeux de la séduction ou de découverte presque fraternelle de l'autre. Barri se disait avec un sourire, quand il écrivait à Dania, que finalement, il lui envoyait presque chaque jour une histoire pour la faire rire, pour la rendre heureuse, pour la consoler d'une misère ou d'une autre, et presque chaque jour Dania s'enfermait dans sa chambre et avant de se coucher, elle ouvrait son ordinateur, avec le désir de lire les lettres de Barri. Elle gardait près d'elle un gros dictionnaire pour chercher avec gourmandise les mots qu'elle ne connaissait pas encore, et elle gardait pour toute la nuit les belles images que Barri lui envoyait. Des photos de plages tropicales, des photos que Barri prenait de lui-même avec son appareil automatique, des images de villes, des couchers de soleil sur des endroits invraisemblables. Et lorsqu'elle recevait un portrait de Barri, Dania lançait le logiciel de grossissement de la photo, elle regardait attentivement chaque grain de sa peau, chaque mèche de ses cheveux grisonnants, et lorsqu'elle arrivait aux yeux, elle lançait le grossissement au maximum et puis revenait doucement jusqu'à voir le visage complet de Barri, ses yeux bleus plein de soleil, ses lèvres, sa bouche, son sourire. Elle fermait alors les yeux et partait en rêve le rejoindre dans le chaud des tropiques, et s'endormait comme cela, affalée sur son lit, avec la souris de l'ordinateur encore dans la main. Barri se disait que finalement il lui servait de marchand de sable, de nounou pour l'endormir, mais cela n'éteignait pas la tendresse et l'affection profonde qu'il avait pour elle.
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01.05.2007
prologue
Le congrès mondial sur les maladies virales s'est terminé sur un résumé pour le moins surprenant. Si les chercheurs ont constaté depuis plus de cinquante ans une montée en puissance du nombres d'infections virales, ils sont tous d'accord pour reconnaitre que la voie sexuelle reste la plus énigmatique pour la transmission des virus pathogènes. Les études récentes font ressortir que le virus du SIDA ne devrait pas de transmettre que par la voie sexuelle, mais aussi par tous les autres moyens contenant des cellules : salive, sang, cellules mortes etc... Or, force est de constater que la transmission pathogène ne se situe que dans le cas d'activités sexuelles ou lors de transfusion de sang ou d'utilisation d'aiguilles sales par voie intraveineuse. Le paradoxe devient plus opaque encore lorsqu'on sait que d'autres virus pourraient très bien se transmettre par les voies sexuelles, y compris bien sûr celui qui touche le plus grand nombre d'êtres humains, la grippe, ce qui est loin d'avoir été démontré, puisque le virus de la grippe se propage par voie aérienne, au sein d'aérosols naturels évacués lors d'éternuements, par exemple. Des chercheurs Russes ont également décrit une théorie basée sur des calculs informatiques très complexes concernant des échanges d'ADN et des mutations biologiques et génétiques liées aux transformation des virus, que l'homme pourrait fabriquer lui-même une sorte de sérum contenant les anticorps pouvant le protéger contre des éléments communs à tous les virus, empêchant ainsi par une barrière naturelle l'infestation de son propre corps. Mieux encore, un chercheur Brésilien a indiqué qu'il avait réussi à produire ce sérum chez une variété de souris sauvages de l'Amazonie, mais qu'il n'était transmissible que par voie sexuelle, donc, in fine, ce sérum permettrait de concevoir des dynasties de souris immunisées contre tous les virus, à l'exclusion d'autres espèces. De nombreux participants ont crié à l'imposture lorsque ce jeune chercheur a présenté son "abstract" concernant ses recherches. Mais les enjeux sont énormes. On imagine ce que pourrait devenir l'humanité si une dynastie particulière était immunisée contre les virus, le pouvoir qu'elle aurait sur le reste des femmes et des hommes, et les atouts que cela impliquerait au niveau social. Mais les chercheurs sont tellement septiques sur ce point que l'on peut être rassuré : ce n'est pas encore demain que l'homme sera immunisé contre les virus !
Un laboratoire s'oriente aujourd'hui sur de nouveaux process de fabrication de molécules immunisantes, fabriquées avec des machines aujourd'hui tenues secrètes et installées sur la frontière entre la France et la Suisse, dans une ancienne mine de fer. Ces médicaments ont une durée de vie encore trop courte, mais leur fabrication, à l'état de conception expérimentale, a déjà permis de sauver quelques cas particuliers de dépression immunitaire fulgurante, constatés lorsque le virus du SIDA s'attaque à des porteurs de caryotypes particuliers, souvent issus de croisements de populations génétiques très différentes.
A ce titre, une équipe de chercheurs installée aux Antilles a présenté un exposé révélant que les habituels groupes sanguins A, B, AB et O, n'étaient en fait que la façade de sous groupes beaucoup plus importants. En fait, la vulnérabilité aux virus s'exprimerait en fonction des composantes génétiques issues des croisements entre les être humains, à tel point que ces chercheurs ont montré que les détenteurs de certains caryotypes étaient beaucoup plus résistants à certaines maladies virales. Cet exposé, assez controversé par les grands pôles de recherche, met en cause la notion d'uniformité génétique chez l'être humain. Selon les chercheurs, l'évolution humaine aurait pour composante principale le croisement des chaines d'ADN, sans lesquelles la pérénité des générations ne tiendrait pas dans le temps. Les chercheurs ont indiqué que les déficiences génétiques responsables des maladies dégénératives comme le mongolisme, dont on pensait jusqu'à maintenant qu'elle avaient pour origine une réplication trop homogène des chaines d'ADN, ont en fait pour origine non seulement l'homogénéité de l'ADN, mais en plus la réplication exacte des éléments définissant les caryotypes. Mais ces mêmes chercheurs, qui veulent garder espoir au sujet de la capacité de trouver un vaccin immunisant contre les virus, ou, du moins, certains d'entre eux, ont montré dans leur exposé très technique que la voie était ouverte dans ce sens, mais que les vaccins qui pourraient être envisagés devraient être adaptés à plus de 250 caryotypes différents, et certains types de porteurs ne pourraient pas être signés, car leur profil de défense intégré dans leur ADN ne pourrait en aucun cas fabriquer les défenses nécessaires contre les virus.
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