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Voeux - Page 2

  • Voeux 2011

    hemistatère av (Small).jpgVous souhaiter une bonne année et une bonne santé pourrait passer pour une prévision.

     

    Mais dire à chacun de vous que parce que vous avez mis votre intelligence au service du futur, et parce que votre volonté s'y détermine à en obtenir le résultat que vous en attendez, et que par conséquent votre santé a tout pour être préservée, poussant alors vos affaires à devenir prospères au service de vos projets, c'est là une anticipation.

     

     

    la mienne,

    la vôtre.

     

    j'y ajoute tout ce qu'on ne dit jamais, les mots d'amour qu'on voudrait entendre,

    ceux qu'on voudrait dire,

    les consolations qu'on cherche lorsque tout est désolé,

    les regards où passent la force des liens qui unissent,

    une main agitée au-dessus de la foule,

    la jouissance lorsque s'en vient la réussite,

    le soleil,

    la paix.

     

    meilleurs vœux, donc. 

    Dominique BRUCH

     

    (c) D.BRUCH- voeux pour un amour - 01/2011

     

  • voeux 2010

    voeux 2010 03.jpgSous les ombres tropicales, je me suis réveillé décembre, déjà dans le creux du matin, déjà saoûlé de ces temps qui émaillent la vie, déjà repu de chaleur, en faim d’autres choses inconnues. J’attends des jours qui viennent qu’ils m’apportent une renaissance, un croisé du soleil avec mes yeux, un éblouissement qui m’éveillerait de l’aveugle que je suis devenu.

     

    A entendre les ressacs de la mer, les allées et venues de l’eau perpétuelle, l'usure des roches altérables, en chuintements imparfaits et sonores, je mesure à petits pas les limites de nos mondes, le franchi d’un jour de marche sur la grève, tandis que les vagues effacent mes pas derrière moi.

     

    Et lorsque je m’endors, rien de la nature ne change autour de moi, sinon la course des astres, sinon le remuement fébrile du végétal et de l'animal, qui, petits ou grands, finissent par s’endormir aussi, après un bref parcours, se croyant déjà plus loin dans leur temporel inimaginé.

     

    Mes songes de Socksann ne me donnent plus l’éveil de l’initié, ni la trempe d’acier du vent gelé qui fouette mon visage à la douloureuse marche de la nuit, ni la force têtue qui me faisait marcher sans trêve sur des traces inconnues…

     

    Et quoi ? A la ville, il ne resterait rien de l’effleurement minéral, du touché des doigts sur le velours de la pierre, de ces senteurs subtiles d’essences remontées de la forêt, il n’y aurait plus que des dégradés gris, froids, lointains, comme des brumes de marais à la lune sortie, dans un univers urbain, solitaire, écœurant, triste, où l’âme serait perdue, périe de solitude, d’abandon, d’indifférence, errante dans des rues sans lumière où les murs n’auraient plus que la chaleur des mots tracés du désespoir de tous…

     

    Mais justement, voici que les nuages se déchirent. Et je m’approche du mur. Les mots gravés, peints, écrits, tracés, sont des mots d’amour, jetés les uns sur les autres, en couleurs chaudes comme du sang.

     

    A la lumière nouvelle du soleil renaissant, les serments d’amour gravés là prennent leur force, le volume des cœurs grandit, les noms inscrits pétillent et donnent à la fresque des allures festives, des tons de liesse que le soleil tout à coup enflamme.

     

    Ils sont deux, ils sont quatre, ils sont cent, des milliers, qui chaque jour sont venus confier à ce mur sombre leurs espérances les plus douces, à graver dans le stuc, par-dessus d’autres noms déjà exaucés, leurs propres initiales, mettant ainsi en scène l’alliance de leur amour, pour un futur radiant.

     

    Ma vision s’épuise, au loin disparaît Vérone, la maison de Juliette, les dalles usées par les pas de danse, les brumes lacustres et alpines, et je retrouve le calme sérénal de ma forêt tropicale qui s’endort. De ce crépuscule naîtra une vie nouvelle, faite de pas de deux, faite de tendresses, faite d’espérance. A l’aurore nous irons voir danser les frégates dans l'alizé revenu, jusqu'à toucher les nuages, et nos yeux s’empliront des bleus du monde….  

  • Voeux 2008

    1e0776cf937b4087ddcc150f22a54864.jpg

    Les braises perdaient leur rougeur sous la cendre, tandis que l’aurore naissait, à l’est, au loin. Le vent glacé du Néguev tombait du nord. Je m’étais assoupi, calé contre la pierre séculaire. Le sommeil m’avait absorbé comme une caresse, et je m’étais docilement laissé faire… 

    Lena Socksann était là, inconsistante et têtue, elle revenait aux confins de mes songes :

    « Tes pieds foulent le sable qui a vu naître le monde, tes yeux embrassent les montagnes où la Parole a été donnée, et tes doigts suivent les lettres tracées par le feu divin, cherchant pas à pas à construire ce que tu as été depuis le Début, et ce que tu seras jusqu’à la Fin. Et tu demandes pourquoi tu es là, et seulement maintenant. Tu sais pourtant les signes des hommes, ces signes différents de ceux donnés, ces codes qui éclairent l’érudit sur sa place universelle.

     Je te donne les clés de cette année: le deux te donnera la double vision du temps, celle de ton passé et celle de ton devenir, confondus en une spirale roulée à six rangs de quatre lettres, toutes différentes. Le premier des zéros te donnera l’occasion de renaître à partir de rien, ou de si peu, le sable de Mitzpé Ramon si tu le veux, le sourire d’un enfant peut être, autant dans ton cœur que dans ton corps. L’autre zéro sera le socle poli par le temps sur lequel tu aimeras de nouveau, après avoir pardonné à ceux qui faisaient ta douleur. Le huit te donnera la notion infinie des dimensions du temps, pour aller chercher infiniment ton passé, pour construire infiniment ton futur, pour donner infiniment l’amour que tu as reçu cette nuit, sous la voûte du ciel, sur cette terre bénie depuis l’aube de la création. 

    Au réveil du jour tu marcheras vers l’est, puis vers le nord. Chaque pas que tu feras sera une prière pour ceux que tu aimes, chaque pierre posée ici depuis la nuit des temps te montrera le chemin, et tu iras là où la consistance du temps se confond avec les regards rencontrés, là où tant de femmes et d’hommes ont convergé pour trouver le salut que leur conscience refusait de leur donner.
    Déjà tu sens au frémissement de ce nouveau cycle solaire combien ta mémoire creuse les siècles passés, à rechercher les traces que tes ancêtres ont laissé ici, parmi les pierres et les serpents, et si leur long exil à travers les nations a permis d’affiner la pierre d’amour qui orne ton cœur, à la meule de toutes les souffrances que ce monde a produit. Va donc, sur ce chemin sacré, je serai là encore, je serai là toujours. » 

    Le soleil s’était levé, il avait passé la barrière de la falaise qui bordait cet œil immense de la terre, ouvert sur l’univers. Les mouflons descendaient vers les sources, leur trot faisait rouler les pierres, l’écho m’en apportait les résonances. Alors je me suis levé, j’ai ramassé mon sac, j’ai pris une datte sèche pour la mâcher en route, et je suis parti pour vous rejoindre ….. 

    Mitzpé Ramon, le 31 décembre 2007

    Pablo Robinson

     

    (photo (c) Pablo Robinson - 12/2007 - lever de soleil dans le désert du Néguev )