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Ces Morts qu'on ne retrouve pas

16094985.jpg« Mais si ! des corps on en retrouve, bien sûr » …. l’un des responsables de l’association Yahad-in-Unum parle des ossements qui affleurent parfois des fosses ayant abrité les meurtres de centaines de milliers de Juifs, de Roms, de Tziganes entre Varsovie et Moscou, parfois au milieu des jardins publics ou des terrains vagues des villes et des villages. Depuis 2005, le père Patrick Desbois cherche et trouve les sites des massacres perpétrés entre  1941 et 1944. des centaines de fosses creusées à la hâte sous la terreur des nazis, aux alentours ou au milieu de villages d’Ukraine, de Biélorussie, de Pologne, de Moldavie …. Autant de drames atroces où les familles étaient assassinées d’une balle dans le dos ou d’une rafale de mitraillette, après avoir été pillés, battus, violés, torturés.

C’est de ces morts là dont je parlais. Ceux qui ont soudain disparu un matin de 1941 ou de 1942. Ceux que les témoins âgés se rappellent avoir vu passer dans l’unique rue du village, terrorisés par les nazis qui abattaient à vue quiconque tentait de s’échapper, quiconque tentait de soustraire une victime à son horrible destinée, reconnaissant dans la file des camarades de classe, des voisins, des amis de leurs parents. Ces morts dont les ossements retrouvés n’ont pas de nom, pas de mémoire, pas de traces de vie.

 Le mercredi 12 mars, la chaîne de télévision FR3 a diffusé le reportage effectué avec l’équipe du Père Patrick DESBOIS au cours de l’été 2007. Sans images spectaculaires, les journalistes ont montré avec simplicité combien la douleur de ces moments est toujours présente dans l’esprit de ceux qui ont été témoins des « aktions », des enfants au moment des faits. L’équipe de recherche du père Desbois dispose d’un détecteur de métaux pour retrouver les endroits d’où les nazis tiraient sur les victimes : ils récupèrent une à une les douilles des mitrailleuses ou des fusils, ce qui permet d’évaluer le nombre de personnes qui ont été assassinées à cet endroit : une balle, un Juif.
 

En parallèle, d’autres équipes cherchent dans les archives pour tenter de retrouver les sites et les noms des habitants du village qui ont été assassinés, et indiquer aux descendants possibles les lieux où sont les dépouilles de leurs parents.

 

Les fosses sont des sanctuaires, qui doivent être respectées comme des sépultures. Il n’est donc pas question de déterrer les ossements. L’équipe s’affaire donc autour pour reconstituer les limites des lieux de tuerie, en faire un site reconnaissable au même titre qu’un cimetière, afin que les visiteurs puisse venir s’y recueillir et lorsque cela est possible, indiquer aux descendants des familles assassinées que les dépouilles de leurs parents sont là.

La tâche de l’association yahad in unum est gigantesque : reconstituer les archives locales depuis la Russie, les Etats-Unis ou Israël, immergées dans des documents constitués de plus de 14 millions de pièces administratives, de rapports, de témoignages, repérer les fosses sur la base des témoignages des habitants encore vivants, dont la plupart ont plus de 70 ans, enregistrer les images de ces témoignages afin qu’ils survivent aux témoins âgés, traduire les questions et les réponses, faire les recherches sur le terrain, comptabiliser les douilles pour évaluer le nombre de corps ensevelis, puis mettre en place les espaces de sépultures afin de consacrer les lieux et les rendre inviolables. Cette tâche et faite conjointement avec des Chrétiens et les Juifs de toute l’Europe, d’Israël, d’Amérique, sous l’égide du Père Patrick Desbois.

le vendredi 14 mars 2008, une nouvelle équipe a quitté Paris pour entreprendre une nouvelle mission de recherche, à la faveur du dégel, en Bielorussie (Belarus). Avant de partir, le Père Patrick Desbois a lancé un appel au cours de l’émission de FR3 qui était consacrée à son œuvre. « Nous ne pouvons pas construire l’Europe sans régler ce douloureux problème, et pour le faire, nous avons besoin d’aide. »
 
Pablo
ps: si vous voulez aider le père Desbois, vous pouvez m'écrire. 

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