Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lettre d'un innommable à un trou du cul

Monsieur le trou du cul.



Vous ne m'en voudrez pas d'attacher un tel adjectif à votre identité, mais eu égard à la consistance et à l'odeur de ce qui sort de votre bouche, je ne vois pas, de ma part d'innommable, d'autre nom à vous affubler.

Je suis né de Blancs, comme vous le dîtes. Leur origine pourrait être Africaine ou autre, mais puisque vous avez ajouté le mot blanc en balance au mot Africain, je vous prends au mot, et je découvre avec vous que les Blancs ont une origine géographique au même titre que les Africains, lesquels, pourtant, ont des couleurs de peau multiples et des coutumes ou des habitudes sociales diverses dont l'origine ne saurait être liée à la couleur noire, mais bien à des histoires et des légendes à la hauteur de ce qui fait notre monde. Et de ces couleurs de peau, je me fous royalement, sachant que puis l'aube de l'humanité, la sexualité reproductrice de la gent humaine s'est depuis longtemps débarrassée de ce détail pour préserver l'espèce, ce qui prouve encore plus que la peau n'est pas affaire de race, mais de contexte génétique dont le code n'est en rien discriminatoire pour en faire une nouvelle génération.

Donc, foin de votre racisme au vitriol, vous êtes vous même le fruit d'utéri successifs dont personne n'a à déterminer la couleur, du moment que vous avez une identité humaine, à la nuance près que si les autres fruits humains se comportent comme tels, vous, vous semblez renier tout ce qu'il y a de plus beau et de plus pur dans l'humanité: l'amour, la solidarité et  la tolérance.

Je n'étais pas innommable à ma naissance, mais j'en ai pris la couleur et le caractère. Non seulement en frottant ma carcasse aux soucis de la Vie, mais aussi en pélerinant autour du monde, et -nous y voilà-, particulièrement en Afrique et au Moyen Orient. J'ai pu traverser dans mon espace-temps des confrontations africaines où les massacres se faisaient  à la machette ou au marteau de soudeur  (coté pointu d'un coup sec à l'arrière du crâne), ou encore par des bombardements irakiens sur les populations kurdes, laissant des milliers de morts empoisonnés, ou encore aujourd'hui, par des festins de guérillas dont les victimes pourraient être nos cousines germaines mutuelles, le Darfour étant considéré par les plus éminents paléontologues comme étant le berceau de l'humanité, dont vous et moi ne sommes que les pâles rejetons.

Il y a quelques années, lors d'un voyage pour le moins touristique en Palestine-Israël ou Israël-Palestine (on ne saura pas le vrai nom de notre vivant, n'est ce pas ?), j'ai visité un mémorial (Yad Washem) consacré aux victimes du nazisme, et je pris ce jour là une grosse baffe dans ma figure de nommable, en découvrant que 160 personnes portant mon nom avaient été avalée par le Moloch Baal nazi, et depuis ce temps erraient sous forme gazeuse autour de notre planète (la vôtre et la mienne).

Du coup, sans y chercher une "histoire" ou un "prétexte", je me suis mis une peau d'innommable sur le dos, espérant avec ce manteau de gloire et de force, pouvoir comprendre de l'intérieur comment on fait pour vivre dans un monde fait de rejet et de haine. Comprendre que le but ultime de nos vies n'est pas dans nos vies, mais ailleurs et plus tard. Employer nos forces pour gravir avec intelligence les degrés difficiles de la vie sociale, en cherchant une place utile dans les puzzles de la société, en y puisant les ressources nécessaire pour y survivre et s'y faire reconnaître et, comme les alchimistes autrefois, y apporter en échange équivalent les biens et les services que ladite société est susceptible d'attendre de soi.

Je n'aurais rien d'autre à ajouter, convaincu dans tous les cas, qu'à moins d'un miracle bien catholique, je doute de changer votre vision de la vie et votre approche de l'humanité, sachant que vous préférerez toujours ceux qui se remplissent les poches à dire du mal des autres à ceux qui se les vident pour les aimer (les autres). Si vous pouviez vomir vos récents propos, vous auriez l'occasion de faire le voyage inverse à celui qui vous a amené à être si près de votre sortie, et ainsi redonner à votre bouche une place de choix au milieu d'un visage d'humain.

Pablo Robinson (c) 12/2006

Écrire un commentaire

Optionnel